Le 31 mars, une opération d'envergure a eu lieu près de La Rochelle, avec des perquisitions dans une dizaine de fermes de Charente-Maritime, faisant suite à une enquête sur l'utilisation de pesticides prohibés, révélée par la cellule d'investigation de Radio France.
Débutant à 6h45, les perquisitions ont mobilisé environ 40 gendarmes en collaboration avec des enquêteurs de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) et de la Brigade nationale des enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP). L'objectif était de rechercher des preuves de l'utilisation de substances interdites à des fins agricoles.
Cette enquête a été déclenchée par des plaintes déposées par deux associations environnementales en 2025, après que des tests effectués sur des enfants de la commune de Saint Rogatien ont révélé des traces d'acétamipride, un néonicotinoïde interdit depuis 2018, que certains agriculteurs envisagent de réautoriser. Selon le parquet de La Rochelle, cette substance a été détectée dans les urines de 11 enfants, indiquant une exposition récente.
La toxicologue Laurence Huc a exprimé son inquiétude face à ces résultats : "J’étais surprise et embêtée. Les enfants vivant à proximité des zones agricoles affichent des niveaux alarmants d’acétamipride. Nos études suggèrent une imprégnation due à un usage récent à des fins agricoles". En réponse à ces accusations, Cédric Tranquard de la Chambre d'agriculture de Charente-Maritime a nié toute utilisation, affirmant : "Il n’a jamais été trouvé de produits ou d’épandage ici".
En parallèle de l'enquête judiciaire, une nouvelle campagne de tests sur les sols, l'air et l'eau est en cours et prévue jusqu'en 2028, afin de garantir la sécurité environnementale de la région. Ces mesures font suite à des inquiétudes croissantes quant à l'impact des pesticides sur la santé publique et l'environnement.







