En 2024, un nombre alarmant de 437 000 anciens contractuels de la fonction publique n'ont pas fait valoir leurs droits à la pension complémentaire de l'Ircantec. Ces retraités, nés entre 1949 et 1954, sont concernés, malgré la modicité des montants souvent en jeu.
Selon un rapport de la Caisse des dépôts, publié le 10 mars dernier, 27,5 % des agents non titulaires affiliés à l'Ircantec n'ont pas encore réclamé leurs droits de retraite. Ce chiffre souligne un problème de méconnaissance des règles régissant ce régime. Ronan Mahieu, directeur des études à la Caisse, note que "les gens oublient rarement de liquider leurs droits à la retraite dans les régimes où ils ont longtemps cotisé". Toutefois, pour l'Ircantec, les enjeux sont différents.
Des cotisations courtes et des droits oubliés
Les affiliés à l'Ircantec ont souvent cotisé sur une période relativement brève, avec une moyenne de 5 ans, avant de se diriger vers d'autres régimes comme l'Agirc-Arrco ou la CNRACL. À la clé, des droits non liquidés représentent environ 230 euros brut par an, ce qui correspond à 20 euros par mois. Bien que ce montant soit faible, il ne constitue pas la seule explication de l'oubli de ces droits.
Nombreux sont ceux qui ne retiennent pas qu'ils ont cotisé à un régime spécifique pendant une si courte durée. Ronan Mahieu souligne également qu'un pourcentage significatif de cette population a acquis des droits en tant que non-nationaux et pourrait avoir regagné leur pays d'origine sans avoir réclamé leurs pensions.
Des initiatives pour alléger le non-recours
Le rapport met en lumière un souci structurel : le taux de non-recours est particulièrement élevé parmi ceux ayant peu de droits ou n’ayant plus cotisé après 30 ans. En effet, plus de 15 % des nouveaux retraités de l'Ircantec partent à la retraite à 67 ans ou plus.
Pour remédier à ce problème, l'Union Retraite a expédié plus de 70 000 courriers de rappel aux jeunes retraités entre mars 2022 et janvier 2024, permettant d'attirer l'attention de 25,7 % des destinataires sur leurs droits. L'introduction de la demande unique de retraite en ligne à partir de 2019 a également permis de diminuer significativement le taux de non-recours, témoignant de l’impact de ces actions d'information.







