A peine réélus, les maires de la Somme sont déjà en ligne de mire des petites entreprises artisanales. La Confédération des Petites Entreprises de l'Artisanat et du Bâtiment (CAPEB) interpelle les collectivités pour qu'elles n'oublient pas les TPE et PME, qui dépendent en grande partie des projets publics pour survivre.
Florian Martin, co-gérant de l'entreprise Daussy-Martin à Camon, spécialisée en chauffage, climatisation et ventilation, témoigne de la situation précaire de son secteur. Employant onze salariés et deux intérimaires, son activité a subi un coup d'arrêt avec la baisse des commandes publiques. "L'année dernière, nos revenus issus des appels d'offres publics atteignaient 300 000 à 400 000 euros, soit un quart de notre chiffre d'affaires, mais pour 2026, nous sommes à zéro", déplore-t-il.
La conjoncture s'est aggravée avec les restrictions budgétaires des collectivités et une période pré-électorale qui a freiné les nouveaux projets. La CAPEB de la Somme, regroupant 400 membres et représentant 1 200 emplois, exige que les maires envisagent sérieusement les artisans comme de véritables partenaires de la politique locale.
Florian Martin insiste sur l'importance de la confiance accordée par les collectivités. "Si elles relancent des travaux, cela nous permettra de respirer. En ce moment, la rénovation énergétique pourrait être une solution, mais pour l'instant, tout est en suspens. Je pense qu'il nous faudra attendre trois à six mois pour voir une amélioration," conclut-il.







