L'essentiel
- Le terme « bodycount », qui désigne le nombre de partenaires sexuels, prend de l'ampleur chez la Gen Z.
- Selon une étude récente de l'Ifop pour espaceplaisir, 70 % des jeunes femmes de 15 à 29 ans se sentent dévalorisées par un passé sexuel jugé trop chargé.
- Des témoignages illustrent la pression ressentie, comme celui de Pauline, confrontée aux jugements face à son expérience sexuelle.
« Combien de partenaires as-tu eus ? » Cette question, souvent jugée banale, prend une résonance particulière dans le monde des jeunes d'aujourd'hui. Sur des plateformes comme TikTok, des utilisateurs demandent aux filles de révéler leur « bodycount », une démarche qui s'inscrit dans un discours souvent masculiniste. Ce phénomène, selon des experts comme la sociologue Dr. Émilie Martineau, reflète une normalisation inquiétante des stéréotypes sur la sexualité.
« C'est triste que la sexualité des femmes soit jugée à l'aune de chiffres, un reflet d'une société qui glorifie l'expérience masculine tout en stigmatisant celle des femmes », note Jade, une jeune femme de 26 ans.
« J’ai peur que tu sois une fille facile »
À 33 ans, Pauline a récemment vécu une situation révélatrice. En fréquentant un homme, elle a mentionné son passé sexuel. « Il m’a dit, après réflexion, qu’il craignait que je sois une fille facile. C'était assez violent », raconte-t-elle, stupéfaite. Son récit n'est pas isolé; de nombreuses femmes signalent des expériences similaires, renforçant un stigmate profondément ancré.
Une question de perception
Le sondage de l'Ifop révèle que 74 % des hétérosexuelles perçoivent cette dévalorisation face à un passé sexuel jugé dense. En revanche, seulement 34 % des lesbiennes partagent cette vue, illustrant une disparité dans la perception des sexualités.
La peur d'être jugée
Les conséquences sur la vie sentimentale sont palpables. Près d’un quart des jeunes femmes interrogées admettent avoir été écartées d’une relation à cause de leur bodycount. Jade exprime son inquiétude face à cette tentation de cacher son passé pour éviter des conflits. « Au début de ma relation, cela a été une source de stress », avoue-t-elle.
Une double norme
Curieusement, les jeunes femmes affichent une plus grande tolérance envers le passé de leurs partenaires masculins. Environ 70 % sont prêtes à s'engager avec un homme ayant un bodycount élevé. Ce phénomène d'acceptation contraste avec le jugement qu'elles subissent. Malgré des progrès, le regard des pairs, qu'il soit masculin ou féminin, reste sévère.
Ce sujet fait couler beaucoup d'encre et appelle à une réflexion plus large sur l'éducation à la sexualité et la nécessité de déconstruire des stéréotypes obsolètes. Les mots de Pauline résonnent avec force : « Au fond, c'est la qualité des relations qui compte, et non le nombre de partenaires. »







