Un récent sondage mené par la Haute Autorité de santé (HAS) met en évidence le faible taux de dépistage des violences conjugales lors des consultations médicales. Publié jeudi, ce rapport montre qu'en 2025, seules 5% des femmes ont été interrogées par leur médecin généraliste sur les violences qu'elles pourraient subir.
Cette étude, réalisée à la fin de l'année 2025 par l'institut Verian, a examiné un échantillon représentatif de 1.000 femmes, dont 876 avaient consulté un généraliste dans les 18 mois précédents. Malgré une légère hausse par rapport à 2022, la HAS souligne que le repérage des violences faites aux femmes progresse lentement.
Une femme sur cinq victime de violences
Les résultats de l'enquête révèlent qu'une femme sur vingt (5 %) a été questionnée sur ce sujet délicat, améliorant légèrement les taux de 3 % observés en 2022. Cependant, ces chiffres demeurent largement en deçà de l'objectif recommandé aux professionnels de santé.
Parmi celles qui ont consulté, une femme sur cinq déclare avoir subi des violences de la part de son partenaire. Cela inclut aussi bien des violences verbales que psychologiques. Fait notable, 21 % des victimes ont parlé spontanément de leur situation à leur médecin, sans avoir été encouragées à le faire.
Le rôle du médecin comme interlocuteur de confiance
Depuis 2019, la HAS a recommandé aux professionnels de santé de première ligne – généralistes, gynécologues, pédiatres – de questionner systématiquement leurs patientes sur les violences, même sans signes visibles apparents. Pour beaucoup, le médecin représente un « interlocuteur de confiance », ce qui devrait inciter à une discussion ouverte.
Des associations féministes soulignent la gravité de la situation en notant que 167 féminicides ont été enregistrés en France en 2025, tandis que 107 féminicides conjugaux ont été recensés pour 2024. Selon la mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof), une femme est victime de viol, de tentative de viol ou d'agression sexuelle toutes les deux minutes dans le pays.
Le rapport de la HAS et ces préoccupations soulignent l'urgence d'une action collective renforcée pour protéger les victimes de violences conjugales. Un appel à l'éveil des consciences qui résonne au sein même des milieux médicaux.
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