Michel Vignaud, gérant d'un refuge pour animaux sauvages à Marigny, a été condamné mardi à une amende de 400 euros pour avoir ignoré une première contravention de 600 euros. En mars 2021, les autorités avaient retiré un lion blanc et quinze nandous d'Amérique en raison d'un manque de certificat de capacité pour détenir ces espèces.
Passionné par la protection des animaux, Michel Vignaud a consacré trente ans à l'accueil d'animaux abandonnés, allant des tigres aux alpagas. Son refuge, qui a vu le jour après l'arrivée d'un tigre et d'une panthère noire, s'est également enrichi d'une variété d'autres animaux au fil des ans. Comme moyen de subsistance, il a fondé une association, Dactary, qui lui a permis de collecter des dons pour nourrir ses protégés.
Un incident marquant remonte à 2012, lorsqu'un couple a abandonné devant sa porte un couple de nandous, une espèce d'oiseaux originaires d'Amérique du Sud. Michel Vignaud a alors commencé à se confronter aux complexités administratives liées à la possession de ces animaux. Si ce dernier a indiqué avoir fait des demandes d'autorisation auprès des autorités, il n'a jamais reçu de réponse concrète.
La descente des gendarmes pour enlever Safran et les nandous
Le 30 mars 2021, la situation a atteint un tournant avec l'intervention des gendarmes, qui ont saisi Safran, un lionceau blanc, et les nandous. Ce dernier a été transféré au parc zoologique de Saint Martin la Plaine, tandis que les nandous ont été placés dans un refuge en région parisienne. Devant le tribunal, Vignaud a exprimé son désarroi, déclarant : "Ma pension de retraite est exactement de 600 euros et je ne peux pas payer cette amende." Il a reconnu ses difficultés avec les formalités administratives, tout en soulignant le bon état de santé de ses animaux, affirmation corroborée par un procès-verbal lors de la saisie.
Seul à la barre du tribunal
Michel Vignaud s'est présenté sans avocat devant le tribunal judiciaire de Niort, accusé d'exploiter un établissement sans autorisation pour la détention d'animaux non domestiques. "Je n'ai jamais caché mes activités", a-t-il plaidé. Le juge lui a cependant rappelé que les certificats de capacité devaient être obtenus avant d'accueillir les animaux. Suite à la saisie, Vignaud a cessé d'accueillir des animaux sauvages et a été condamné à verser 400 euros d'amende, en plus de 250 euros de frais de justice. En outre, il est désormais interdit de détenir des animaux sauvages pendant cinq ans. À l'issue de l'audience, il a déclaré : "Je ne souhaite plus sauver d'autres animaux, même si on m'appelle, bien qu'ils aient toujours été bien traités chez moi."
La situation de Michel Vignaud soulève un débat plus large sur la gestion des refuges pour animaux sauvages. En 2028, la France interdira l'utilisation d'animaux sauvages dans les cirques itinérants, laissant planer des questions sur l'avenir de ces animaux, au nombre d'environ 600, dont près de 400 fauves. Les refuges devront alors être prêts à accueillir de nouveaux arrivants, alors même que des cas similaires d'activités illégales se propagent.







