Un rapport alarmant de la Défenseure des droits révèle que près d'un quart des jeunes immigrés, descendants d'immigrés ou nés en outre-mer, font face à une discrimination liée à leur couleur de peau, à leurs origines ou à leur nationalité. Cela fait écho à des témoignages poignants comme celui de Camille, d'origine ivoirienne, qui déclare : «La discrimination, c'est notre quotidien».
Contexte inquiétant
Selon une étude de l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire, ces discriminations sont récurrentes dans divers aspects de la vie quotidienne. Camille, qui a grandi à Amiens, raconte comment elle a été exposée au racisme dès son enfance, lorsqu'on se moquait de ses cheveux crépus ou lorsqu'elle devait lire un livre sur l'esclavage, comme si elle avait un lien direct avec le sujet.
Les jeunes d'origine étrangère subissent un «cumul de discriminations» dès l'école, une réalité confirmée par Claire Hédon, la Défenseure des droits. «Cet effet boule de neige est délétère et nuit à leur perception de la société et des institutions», souligne-t-elle. Ce constat s'étend aussi aux périodes de recherche d'emploi, de logement ou d'accès aux soins, où les inégalités demeurent marquées.
Les discriminations à l'école sont souvent «inconscientes» et certaines relèvent de pratiques «systémiques», observées à travers le manque de mixité sociale ou des violences physiques liées aux origines des élèves.
Recommandations pour une action urgente
Pour lutter contre cette «ségrégation», le rapport appelle à rendre obligatoire des formations traitant des préjugés raciaux pour les enseignants et à revoir les critères d'affectation en lycée. En plus, il est critiqué qu'au sein de l'enseignement supérieur, le lycée d'origine soit souvent un «critère implicite» pour l'admission dans certaines variantes, limitant les chances des étudiants issus de milieux modestes.
Concernant le marché du logement, les jeunes sont également désavantagés. La demande de caution ou le rejet par des propriétaires, basés sur des préjugés, freinent leur accès à un logement décent.
Les données du Baromètre sur la perception des discriminations dans l'emploi de décembre derniers montrent que 41 % des jeunes perçus comme noirs, arabes ou maghrébins ont rencontré des discriminations dans leur recherche d'emploi, par rapport à 18 % pour ceux perçus comme blancs.
La Défenseure des droits réclame également un encadrement des contrôles d'identité par la police. Ses enquêtes montrent que les jeunes hommes perçus comme d'origine étrangère ont quatre fois plus de risques de subir un contrôle, et sont souvent soumis à des comportements inappropriés des forces de l'ordre, tels que des insultes ou des provocations. «Le respect effectif des droits fondamentaux est essentiel pour la cohésion sociale», conclut Claire Hédon.







