Féminicide d’Inès Mecellem : un rapport accablant sur les défaillances de l'État

Un drame tragique met en lumière les faiblesses du système de protection des victimes.
Féminicide d’Inès Mecellem : un rapport accablant sur les défaillances de l'État
Photo d’Inès Mecellem, 25 ans, tuée à coups de couteau par son ex-compagnon, sur un téléphone portable, le 17 septembre 2025. AXELLE DE RUSSÉ POUR « LE MONDE »

Le 19 février, l’inspection générale de la justice a publié des résultats accablants au sujet du féminicide d'Inès Mecellem, tuée à Poitiers le 8 septembre 2025. Le rapport indique une « accumulation de défaillances » au sein des services de l’État, incapables de prévenir ce drame, malgré plusieurs plaintes déposées par la victime contre son ex-compagnon.

Ce triste événement met en lumière un « paradoxe » déjà remarqué dans d'autres affaires de féminicide : bien que divers outils et un « cadre clair » existent, « le danger extrême pesant sur la victime n’a été ni correctement évalué, ni suffisamment anticipé », selon le rapport, qui a été commandé par Gérald Darmanin, ministre de la justice.

Inès, âgée de 25 ans, a été retrouvée gravement blessée par arme blanche à son domicile. Deux jours avant le drame, elle avait activé son téléphone grave danger (TGD), un dispositif permettant aux victimes de violences conjugales d'alerter les forces de l'ordre. Elle avait aussi déposé plusieurs plaintes, entre juillet et septembre, faisant état de menaces constantes.

Le rapport souligne « les fragilités significatives dans l’évaluation du risque, le traitement des plaintes et la coordination judiciaire ». Bien que des outils existent, « leur efficacité dépend d'une coordination qui, ici, n’a pas été assurée ». Ce drame souligne donc l'importance d'un suivi renforcé des dossiers de violences intrafamiliales, une nécessité aussi notée par des experts en droit pénal.

Face à ces constats, Gérald Darmanin a annoncé un « changement de méthode » dans la lutte contre ces violences, visant à pallier les « failles » observées au sein du système judiciaire.

Parmi les mesures envisagées figurent la création d’un guichet national pour les téléphones grave danger, l'homogénéisation des stages de responsabilisation des auteurs de violences sexuelles, ainsi que l’expérimentation d’audiences communes dans les affaires civiles et pénales.

Selon des sources féministes, 167 féminicides ont été enregistrés en France en 2025. Les chiffres officiels font état de 107 cas en 2024, illustrant une tendance inquiétante.

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