À Rennes, le label autogéré Maison Cartelle s'affirme comme un bastion de la musique féministe, brisant les codes d'un secteur traditionnellement dominé par les hommes. Dans un esprit DIY punk, ce collectif organise des ateliers collaboratifs et produit des compilations d'artistes issus de la diversité, renforçant l'idée d'une scène musicale inclusive et proactive, à l'intersection de l'art et de l'activisme.
Comment peut-on s'imposer dans un univers où hommes et dominance sont les maitres mots ? On agit, on ne demande pas d'autorisation mais on se crée sa place.
Ce principe, bien qu'évident, se heurte à la complexité d'un milieu où les hommes détiennent majorité des rôles clés. Liza, co-fondatrice de Maison Cartelle, en a suffisamment souffert. À 46 ans, et après une carrière dans le secteur public, elle décide de centrer son parcours sur la musique en 2021.
Désireuse d'apporter une dimension féministe à la scène musicale rennaise, elle se lance dans l'apprentissage autodidacte du synthétiseur, de la production musicale, tout en explorant le DJing et la direction artistique. Elle crée le groupe À trois sur la plage
, et aujourd'hui, elle évolue en solo sous le nom de Zélie Zénon. Sa détermination personnelle matche avec une conscience politique accrue.
Après avoir constaté la présence écrasante d'artistes masculins dans sa collection de vinyles durant le confinement, Liza commence à explorer la question : Où sont les femmes ?
Elle observe alors une alarming sous-représentation des femmes dans l'industrie, avec seulement 17% des groupes ayant une lead féminine d'après le Centre national de la musique.
Avec l'appui de son amie Margot, elle entame une série d'initiatives visant à rassembler des artistes féminines et non-binaires, offrant un tremplin pour les talents émergents, ainsi qu'un espace d'échange et d'apprentissage. Si Maison Cartelle continue d'évoluer, c'est surtout grâce à l'impulsion d'une collective qui prouve que les femmes peuvent et doivent revendiquer leur place.







