L'auteure souligne un « désengagement des institutions » et critique la couverture médiatique de cette problématique vitale. En 2021, son livre « La Familia Grande » avait provoqué une intense vague de témoignages autour de l’inceste. Cette semaine, elle a dénoncé l'« immobilisme criminel » qui continue d'affecter cette problématique dans les institutions, déclarant : « Nous sommes de plus en plus nombreux à soutenir, participer, porter la lutte collective. » Son message, relayé dans un article sur le site AOC, met en lumière la résistance face à l'inceste.
« Depuis cinq ans, des avancées notables ont été faites. La société commence à prendre conscience de la gravité de la situation », a-t-elle ajouté. Elle cite plusieurs œuvres marquantes, comme le livre « Clément » de Romain Lemire, le documentaire « Un silence si bruyant » d’Emmanuelle Béart, le film « The Chronology of Water » de Kristen Stewart, ainsi que le roman graphique « Ce que Cécile sait » de Cécile Cée.
Alors que les mentalités changent, Kouchner s’inquiète cependant du manque de réaction des institutions. Cinq ans après le mouvement #metooInceste, les instances dédiées à la lutte contre ce fléau semblent stagnantes. La Commission en charge de ce sujet a connu des bouleversements, avec l'éviction de son coprésident, tandis que les ministres successifs sont critiqués pour leur inaction et l'absence de budget alloué. « Les médias ont également leur part de responsabilité en ne reléguant pas le caractère systémique de ce problème au premier plan », souligne-t-elle.
Trois enfants par classe victimes d’inceste
« Un tel désengagement des institutions est non seulement déplorable, mais extrêmement douloureux », poursuit-elle. Les conséquences de cette inaction, selon Kouchner, plongent la société dans un mépris total de la souffrance des victimes. Ces paroles résonnent d'autant plus fort dans le paysage actuel, alors que la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles, la Ciivise, a vu le jour suite à cette vague de témoignages.
Il est à noter qu'un rapport poignant indique que trois enfants par classe sont victimes d'inceste chaque année en France, tandis que près de 5,5 millions de Français auraient subi des violences sexuelles durant leur enfance. Ces chiffres alarmants doivent amener à une réflexion urgente sur le traitement de cette problématique par nos institutions et par la société dans son ensemble.







