De Dunkerque à Boulogne-sur-Mer, en passant par Gravelines et Calais, le mandat municipal actuel a été profondément marqué par une aggravation de la crise migratoire sur la Côte d’Opale. À l'approche des élections, ce sujet divise les candidats selon leurs convictions politiques.
Des réactions très variées
À Gravelines, le candidat Jean-Baptiste Gardes (UDR-RN) évoque dans sa campagne que redonner la sécurité aux Gravelinoises et Gravelinois est une urgence
. Il souligne que l’immigration illégale érode la qualité de vie des habitants, illustrant les craintes croissantes face à l’insécurité et à la dégradation des espaces publics. Il fait de ce sujet un pilier de sa candidature.
À Calais, le député Marc de Fleurian (Rassemblement National) préconise d’exclure les migrants
des dispositifs de gratuité des transports en commun, affirmant qu'ils représentent une surcharge et sont à l’origine d’incivilités. Dans un registre légèrement différent, Adrien Nave (RN) à Dunkerque affirme que la saturation des lignes de bus est due à la présence des migrants
, demandant au maire de ne pas supporter les coûts supplémentaires.
Un sujet tabou pour d'autres
De l’autre côté du spectre politique, l’attention est bien plus tempérée. Fabienne Deroy, candidate à la mairie de Grand-Fort-Philippe, admet : Nous n’en parlons pas dans notre campagne
. Même à Calais, Marion Lavigne, candidate PCF-PS, évoque la question de l’emploi comme priorité, arguant que la gestion de cette crise revient principalement à l’État.
L’approche des candidats de gauche
À Boulogne-sur-Mer, des initiatives plus humanistes émergent. La liste Elan citoyen boulonnais a rencontré des associations pour réfléchir à des solutions d’hébergement pour les exilés en période d’intempéries. Marion Lavigne soutient également l'idée d'installer des douches municipales pour mieux encadrer les distributions de nourriture, plaidant pour une approche plus humaine face à cette crise. Nous souhaitons gérer la situation de manière plus humaine
, insiste-t-elle.
Des mesures de sécurité renforcées
Natacha Bouchart (ex-LR) reconnaît l’influence de la crise migratoire sur ses décisions de gestion locale. Avec un projet de renforcer les effectifs de la police municipale, elle indique que ces mesures visent à accroître la sécurité publique. Entre 2020 et 2025, la crise migratoire a coûté 11,1 millions d’euros à la Ville, dont environ 4 millions restent à notre charge
, explique-t-elle.
En somme, les municipales 2026 sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais s'annoncent comme un champ de bataille où l’immigration sera un enjeu central, polarisation des discours oblige. À l'approche des élections, les candidats devront naviguer prudemment entre la sécurité des habitants et les droits humains des migrants.







