Le tabac a causé plus de 68 000 décès en France cette année, majoritairement par cancers, mais également dus à des maladies cardiovasculaires et respiratoires. Bien qu'il y ait une légère baisse par rapport aux années précédentes, ce chiffre illustre toujours un fardeau considérable pour la santé publique, selon les derniers rapports de Santé publique France (SpF).
Parmi ces décès, « les trois quarts concernent des hommes », avec 49 361 décès masculins contre 18 660 chez les femmes. Cela représente 16 % des décès masculins, 6 % chez les femmes, et un total de 11 % dans l'ensemble, comme l'indique le point d'actualité de SpF publié lundi.
Bien que ce chiffre soit inférieur à celui de 2015, où le tabagisme était responsable de 75 000 décès, on assiste à une diminution progressive des générations ayant « historiquement fumé à des niveaux élevés ». Ce déclin est aussi dû à l'utilisation de données récentes plus complètes, précise SpF.
Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) souligne que ce recul, bien que « limité », ne « modifie pas l’ampleur du problème sanitaire » que pose le tabagisme, qui « accentue considérablement les inégalités sociales de santé ».
Le tabagisme, cause majeure de mortalité prématurée et évitable
En 2023, les cancers ont causé environ 58 % des décès liés au tabac chez les hommes, et 55 % chez les femmes. Les maladies cardiovasculaires et respiratoires représentent également une part significative, avec respectivement 14 101 et 12 798 décès.
Les régions des Hauts-de-France, du Grand Est et de la Corse se distinguent par un fardeau de mortalité dû au tabagisme qui excède de 40 % celui de l'Île-de-France, la région avec le taux le plus faible, selon un rapport de Santé publique France.
Cette mortalité, prévient SpF, est « la conséquence d’habitudes tabagiques ancrées dès la jeunesse » et touche particulièrement les générations précédentes qui atteignent l'âge où les maladies liées au tabagisme sont les plus fréquentes.
« Cause majeure de mortalité prématurée et évitable », le tabagisme fait perdre en moyenne une dizaine d’années d’espérance de vie, insiste l'agence, soulignant l'importance cruciale d'accéder à une generation sans tabac, notamment grâce à des programmes nationaux de lutte antitabac.
Le CNCT appelle à « intensifier l’action publique » en adoptant des mesures efficaces, telles qu'<>une fiscalité plus stricte<> sur le tabac, un « accès facilité au sevrage tabagique », et l'interdiction totale de la publicité pour les produits du tabac. De plus, la protection des jeunes et la création d'espaces sans tabac sont essentielles. Pour soutenir ces efforts, SpF lancement une campagne de sensibilisation intitulée « Devenir Ex-fumeur », qui se prolongera jusqu'au 15 mars.







