Dans un contexte où la prise en charge des détenus souffrant de troubles mentaux devient de plus en plus critique, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé son intention d’ouvrir des « prisons hôpital » pour accueillir les détenus considérés comme dangereux et bénéficiant de maladies psychiatriques. Cette initiative a été confirmée par son entourage, notamment auprès de Valeurs Actuelles.
Le ministre souhaite isoler ces individus pour garantir leur sécurité et celle des agents pénitentiaires, en s'inspirant du modèle de prisons de haute sécurité utilisées pour les narcotrafiquants. Cette stratégie vise à créer un environnement sécurisé et dédié, adapté aux besoins spécifiques de ces détenus qui représentent environ 20 à 25% de la population carcérale, selon les estimations de son cabinet.
Une première structure dès cette année
Un premier établissement pourrait voir le jour dès cette année, avec la capacité d'accueillir plusieurs centaines de patients. Actuellement, la France ne dispose que d’une prison spécifiquement dédiée aux détenus psychiatriques, située à Château-Thierry, qui ne prend en charge qu’une poignée de malades, mettant en lumière le besoin urgent d’adapter l'infrastructure pénitentiaire à la réalité de la santé mentale, comme l'indique Le Monde.
Cette initiative soulève néanmoins des interrogations quant à l'efficacité réelle de cette approche. Des experts en psychiatrie, tels que le Dr Jean-Pierre Martin, mettent en garde contre le risque de stigmatisation des malades mentaux, arguant que des soins appropriés en milieu ouvert peuvent souvent être plus efficaces. « La détention ne devrait pas être une fin en soi, mais un moyen de réinsertion », souligne-t-il.
Les attentes vis-à-vis de cette réforme sont fortes. De nombreux acteurs du secteur pénitentiaire et de la santé mentale espèrent que cette initiative contribuera à une meilleure prise en charge des détenus tout en réduisant les violences en milieu carcéral. Les discussions autour de ce projet s'intensifient, et l'opinion publique suit de près cette évolution dans le panorama judiciaire français.







