À l'approche d'une décision cruciale de la cour d'appel de Paris, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont affiché leur complicité, se promettant "confiance" et "amitié" devant leurs partisans réunis pour un "banquet champêtre" à Liévin dans le Pas-de-Calais, une terre emblématique pour le Rassemblement National.
Marine Le Pen, attablée sous l'estrade où la musique électro remixée de Dalida résonnait, a symboliquement réaffirmé son lien avec Bardella, qui l’a rejointe en multipliant les selfies avec des militants enthousiastes. "Mon engagement pour elle est total. Je souhaite la voir élue présidente de la République dans quelques mois," a-t-il déclaré, faisant preuve d'une loyauté indéfectible.
Bardella, pressenti comme potentiel candidat en cas d'inéligibilité de Le Pen, a tenu à rappeler que leur engagement était mû par un sens du devoir, et non par une ambition personnelle. "Nous partageons une vocation sacrificielle pour notre cause politique," a-t-il ajouté.
Marine Le Pen, consciente des enjeux, a ouvert la porte à un passage de flambeau si la justice l'empêche de se présenter. Elle a prometté de soutenir Bardella avec "conviction" et "énergie", tout en déclarant avoir une "immense confiance" en lui, affirmant qu'il n'a jamais trahi son engagement.
Quel que soit le verdict de la cour, elle a insisté sur leur détermination : "Nous ne nous découragerons jamais, nous irons jusqu'à la victoire." Ces mots résonnent particulièrement dans un bassin minier où Le Pen évoque tant les succès que les échecs du passé.
- Chant des partisans -
Ce moment d'unité vise à dissiper les doutes engendrés par des divergences récentes entre les deux personnalités du camp nationaliste. Dans une ambiance festive avec frites et musique des années 80, ils ont cherché à rendre leur message de cohésion intelligible pour leurs militants.
Bien que le parti ait préparé 1.200 sièges, plusieurs sont restés vacants. Parmi les quelques centaines de présents, Pascal, 60 ans, a affirmé venir non pas pour la fête, mais pour la nécessité d'un changement radical en France, plaçant sa confiance dans le duo Le Pen-Bardella.
"Marine doit absolument pouvoir se présenter", a reconnu Emilie, 33 ans, élue à Lillers, tout en ajoutant que le parti est en bonnes mains avec Bardella. Nicolas, 54 ans, a pour sa part mis l'accent sur le primat des idées sur les personnalités.
Les discours du couple ont toutefois manqué d'aborder les lignes directrices de leur programme, préférant cibler des adversaires comme Jean-Luc Mélenchon et sa supposée "politique racialiste" ou encore Edouard Philippe, présenté comme un "mini-Macron". Ce dernier s'apprête à tenir son premier meeting de campagne à Paris.
Indépendamment du candidat retenu, le message est clair : la bataille commence. "Soyez prêts pour cette lutte qui va s'intensifier," a averti Bardella. "Il ne faut pas prendre les bonnes intentions pour acquises, même avec de bons sondages," a mise en garde Marine Le Pen en concluant avec le célèbre "Chant des partisans": "Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place."







