Jeudi 2 juillet, la commission spéciale examinant le projet de loi sur la protection des enfants a, sous le choc, décidé de rejeter un amendement proposé par France Insoumise (LFI). Cet amendement visait à permettre aux personnes fichées pour terrorisme d'accueillir des enfants ou d’exercer une activité en leur contact.
« Je ne peux pas croire qu’on envisage de confier les enfants de l’ASE à des personnes ayant un passé criminel, notamment lié au terrorisme », a déclaré Émilie Bonnivard, députée LR de Savoie, lors d'une séance empreinte de tension.
Interrogée sur cette question, la députée du Val-D’Oise, Gabrielle Cathala, a défendu l’amendement en soulignant que l’inscription au Fichier national automatisé des auteurs d’infractions terroristes (FIJAIT) pourrait concerner des mineurs dès 13 ans. Pour LFI, cela ne devrait pas justifier d'emblée une exclusion pour exercer des rôles auprès des enfants.
Le débat a soulevé l’inquiétude de plusieurs députés. Nathalie Colin-Oesterlé, députée centriste et rapporteure de la commission, a exprimé son incompréhension face à l'argumentation de LFI, jugeant l’argument non pertinent. « La sécurité des enfants doit primer », a-t-elle insisté.
Une protection des enfants remise en question ?
LFI prétend que « la protection des enfants constitue une priorité », mais cet amendement a soulevé de vives réactions. Émilie Bonnivard, avec une pointe de sarcasme, a même supplié la députée insoumise Marianne Maximi de ne pas redéposer le texte en séance, qualifiant la situation de « blague ». Au final, l’amendement a été tranché et rejeté, apportant un certain soulagement à ceux s'opposant à cette initiative.
Des experts en protection de l'enfance s'inquiètent également des implications de tels amendements. Pour eux, la sécurité et le bien-être des mineurs devraient toujours être priorisés dans les décisions politiques. Comme le souligne le sociologue Pierre Vinocur, « associer des enfants avec des personnes fichées pour des infractions aussi graves pourrait avoir des conséquences dramatiques. »
Les débats sur la protection des enfants continuent de susciter des émotions fortes. Ce rejet souligne l'importance de garder une vigilance constante sur les questions impliquant la sécurité des plus vulnérables.







