Elle se distingue parmi les intervenants de l'événement lot-et-garonnais, qui se concentre sur le thème "Féminisme, égalité et #MeToo, le temps du contrecoup ?" À l'approche de ce festival, Titiou Lecoq, avocate des droits des femmes, cherche à éclaircir cette problématique.
Qu’est-ce qui vous incite à venir pour la première fois à Couthures ?
J’ai des amis journalistes qui ont déjà participé, et cela éveillait ma curiosité quant aux invitations. Cette année, l’équipe du festival m’a proposée plusieurs interventions sans que je ne demande rien. Je vais probablement assister à la soirée des dix ans avec Charline Vanhoenacker, une amie qui a coécrit un cahier de vacances féministe avec moi.
Votre intervention aborde le sujet "Féminisme, égalité, #MeToo : le temps du contrecoup ?" Avez-vous une réponse à cette question ?
C’est un sujet complexe. Il semble que nous avançons tout en reculent simultanément. Avec #MeToo, des notions comme celle de la charge mentale et du consentement sont devenues plus présentes dans la conscience collective. Cependant, les violences sexuelles continuent d’exister. Par exemple, quand je revient sur les affaires DSK ou Hulot, aujourd’hui, il est inenvisageable qu’un tel discours public ait cours.
Dans le milieu médiatique, les perspectives ont aussi changé. Il y a quelques années, nous étions peu nombreuses à traiter les affaires du point de vue des victimes. À l'époque, certains journalistes affirmaient que c'était juste un "troussage de domestique". Récemment, nous avons publié un livre collectif reprenant cette expression pour rassembler nos témoignages. En relisant les commentaires des politiques de l'époque, je suis abasourdie. Ils considéraient que ce n'était pas grave.
Pour Nicolas Hulot, les réactions actuelles sont différentes. Dans le passé, les hommes accusés de violences étaient souvent invités à témoigner publiquement. Maintenant, la vague de soutien a réduit, comme on le voit avec les cas de Patrick Bruel où même les Enfoirés restent silencieux. Cela indique un changement dans les seuils d’acceptabilité.
Est-ce ce traitement de l’affaire DSK qui vous a sensibilisée à ces questions ?
J'ai grandi avec les valeurs d'égalité inculquées par ma mère et je fais partie d'une génération qui pensait que tout était acquit à partir de luttes passées. Ça me semble évident que nos idées se heurtent encore aujourd'hui à une résistance importante.







