Des artistes, écrivains et élus ont récemment lancé un appel au boycott de l'intelligence artificielle générative, mettant en avant les dangers qu'elle représente pour les capacités cognitives humaines et l'environnement. Cette annonce a été diffusée dans une tribune publiée par le journal Le Monde.
Dans cette déclaration, les 150 signataires, parmi lesquels figurent des figures notables comme les écrivains Hervé Le Tellier, Annie Ernaux, et des experts tels que le biologiste Marc-André Selosse, expriment leurs préoccupations. Ils soulignent que les machines pourraient entraîner une « marginalisation de l'être humain », alors même que l'IA grand public se développe à une vitesse fulgurante.
Une mobilisation face aux enjeux technologiques
Les signataires précisent que le débat actuel sur l'IA n'est pas l'apanage d'une minorité alarmiste, mais une inquiétude partagée par une grande partie de la population. Alors que cette technologie a été au cœur des discussions lors du dernier G7 et au salon VivaTech, ils mettent en avant une société qui semble « hypnotisée par les promesses » des technologies émergentes. « L'adoption de cette technologie prend souvent la forme d'une adoption-répulsion », affirment-ils.
« Nous condamnons un projet de société fondé sur la marginalisation de l'être humain et la destruction de notre milieu de vie »
De récentes données publiées par le régulateur Arcom révèlent que l'utilisation des services d'IA, comme ChatGPT, est en forte hausse, particulièrement chez les jeunes de 15 à 24 ans. Les signataires de la tribune notent que la dépendance des jeunes à cette technologie pourrait gravement affecter leur développement cognitif, les rendant vulnérables à de nouvelles formes d'addiction émotionnelle.
En outre, ils soulignent que les investissements colossaux dans l'infrastructure nécessaire à ces technologies sont un obstacle à la lutte pour l'écologie. « Les milliards d'euros engloutis dans la construction de data centers nous mènent vers une démobilisation générale face aux enjeux environnementaux critiques », s'inquiètent-ils.







