En janvier 2026, un trentenaire de la région niçoise a été interpellé à Tourcoing, dans le Nord, pour des soupçons d'agressions sexuelles sur des enfants sous sa garde. Malgré une condamnation antérieure de cinq ans pour des faits similaires, l'homme, âgé de 36 ans, a réussi à proposer ses services de baby-sitter via une plateforme en ligne, allant à l'encontre de son interdiction de contact avec des mineurs. Au moins 18 enfants seraient concernés, dont le fils de Fannie, une mère en détresse dont la vie a basculé.
Fannie, serveuse à Lille, se rappelle qu'après trois gardes, elle a remarqué des changements de comportement chez son fils, alors âgé de 2 ans, mais n'a pas pensé à un danger. Ce n'est qu'en janvier dernier qu'un enquêteur de la brigade des mineurs l'a contactée pour l'informer des accusations portées contre Camille O. "Quand j'ai entendu le mot agression sexuelle, j'ai réalisé que j'aurais dû réagir plus tôt", confie-t-elle, encore pleine de remords.
Aujourd'hui, elle se sent perdue dans un système judiciaire qu'elle ne comprend pas. Les policiers ne lui ont fourni que peu d'informations et les enquêtes sont toujours en cours. "On est jetés en pleine mer", déplore-t-elle. Les victimes telles que Fannie se retrouvent souvent abandonnées, sans soutien adéquat.
Pour ajouter à son désespoir, Fannie a réalisé que la plateforme Nounou Top n'avait effectué aucune vérification des antécédents de Camille O., éclipsant la prétendue sécurité des services de garde. "Je n’ai jamais pensé que quelqu'un avec un passé criminel pourrait obtenir un emploi à la garde d’enfants", déplore-t-elle.
Le parquet de Lille a entendu ses préoccupations et a affirmé que des associations d'aide aux victimes avaient été contactées pour offrir un soutien. Cependant, des mois après le début des investigations, de nombreuses familles, comme celle de Fannie, attendent toujours un suivi. "Le temps de la justice n'est pas celui des victimes", rappelle-t-elle, son désespoir palpable.
Alors qu'elle a déménagé dans le Pas-de-Calais, la peur de laisser ses enfants à quelqu'un d'autre la ronge. Elle espère qu'une réforme des plateformes de garde empêchera de tels incidents à l'avenir. "Il n'est pas normal que les sites de baby-sitting ne vérifient pas les antécédents judiciaires de leurs prestataires", affirme-t-elle, soulignant l'urgence de la situation.Notre dossier sur la pédocriminalité







