Dans une interview révélée par le Parisien, le haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, Clément Beaune, propose une grande transformation de la capitale française, envisageant de repenser ses frontières et de faire sortir Paris de son confinement actuel.
Beaune suggère d'éliminer certains départements et arrondissements au profit de nouveaux districts, fusionnant les communes sous des bannières communes. "Il faut sortir Paris de ses murs", déclare-t-il. Cet appel à l'action vise à éviter un autre siècle de claustrophobie dans les limites du périphérique.
Le rapport de Beaune préconise une expansion ambitieuse pour faire de Paris une métropole de sept millions d'habitants, contre les deux millions actuels. "Ce serait une belle initiative sociale et politique", affirme-t-il, décrivant un modèle où un habitant de la Petite Couronne, tel que Pantin ou Neuilly, pourrait partager un même maire avec le centre de Paris.
Cette réforme visera à simplifier la réglementation territoriale, que Beaune qualifie de "millefeuille", en réduisant le nombre d'échelons administratifs. L'ancien système à cinq ou six niveaux serait remplacé par trois : la région, la ville du Grand Paris et les districts fusionnés, rendant le système plus accessible et démocratique.
Vers une identité parisienne unifiée
Selon Beaune, "de nombreux Franciliens portent une part d'identité parisienne mais se sentent souvent comme des citoyens de seconde zone". En sortant Paris du périmètre strict, il espère inclure davantage de citoyens parisiens dans le processus décisionnel. "Les habitants aux frontières de Paris bénéficieront le plus de cette réforme", note-t-il.
La pièce maîtresse de ce projet concerne la conversion des départements de la petite couronne et des arrondissements parisiens en 40 districts, chacun regroupant jusqu'à 200 000 habitants, avec un maire pour chaque district. Pourtant, les détails concernant les implications financières et logistiques de cette réorganisation restent à établir.
Ces districts auraient des responsabilités locales, comme la gestion des écoles, tandis que le Grand Paris se concentrerait sur des questions plus larges, telles que l'aide sociale. Beaune conclut : "C'est le moment idéal pour ouvrir le débat", surtout avec l'élection présidentielle qui approche. "Le Grand Paris représente un enjeu national. C'est l'occasion de réfléchir sereinement à cette transformation".







