Mercredi 20 mai, seize membres du personnel éducatif de l'école maternelle publique Saint-Dominique, située dans le 7e arrondissement de Paris, ont été interpellés par les autorités. Cette opération fait partie d'une vaste enquête portant sur de graves allégations de viols, d'agressions sexuelles et de violences sur mineurs.
La situation dans le milieu périscolaire parisien continue d'être très préoccupante. Comme rapporté par Le Monde, ces interpellations s'inscrivent dans le cadre de « plusieurs procédures distinctes », selon les précisions du parquet de Paris. Les enquêtes sont dirigées par la brigade de protection des mineurs.
Pour l'heure, les détails concernant la nature précise des accusations n'ont pas été dévoilés, mais il a été confirmé que les personnes concernées sont principalement des agents de la Ville de Paris et non des enseignants. Certains d'entre eux faisaient déjà l'objet de mesures internes de suspension. La mairie de Paris a également informé les parents qu'une Asem, encore en poste jusqu'au jour de son interpellation, faisait partie des suspects, entraînant son éloignement immédiat de l'école.
Des familles soulagées mais peu confiantes
Cette série d'interpellations a suscité des réactions mitigées parmi les parents d'élèves ayant porté plainte. Pour beaucoup, c'est un « grand soulagement », bien que la surprise quant à l'ampleur de l'affaire demeure. Depuis janvier, neuf animateurs avaient déjà été suspendus, indiquent des sources proches du collectif SOS Périscolaire.
Malgré ce soulagement, la prudence persiste. Une mère d'élève a souligné que ces gardes à vue ne signifient pas nécessairement culpabilité. Me Negar Haeri, avocate représentant plusieurs familles, espère que le temps écoulé entre les premières plaintes et les interpellations n'a pas permis la disparition de preuves cruciales. L'école Saint-Dominique, en plus de ses propres élèves, accueillait également des enfants d'établissements voisins tels que Rapp et La Rochefoucauld.
Une situation inquiétante au-delà de Saint-Dominique
Ces arrestations surviennent alors que la procureure de Paris, Laure Beccuau, a récemment annoncé que 84 établissements scolaires sont actuellement sous enquête, dont une vingtaine d'écoles primaires et une dizaine de crèches. Le dossier de l'école Saint-Dominique s'inscrit donc dans un contexte plus large de signalements concernant des institutions accueillant des enfants.
Depuis le début de l'année 2026, 78 agents travaillant pour la Ville de Paris ont été suspendus dans divers établissements scolaires, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles, d'après un bilan communiqué par le maire Emmanuel Grégoire. En 2025, une quarantaine d'agents avaient déjà été suspendus, dont vingt pour des faits similaires.







