Nouveau rebondissement dans le dossier des attentats du 13-Novembre. Mohamed Bakkali, reconnu comme l'un des principaux logisticiens de la cellule ayant frappé Paris et Saint-Denis en 2015, a obtenu six permissions de sortie de 36 heures accordées par le tribunal de l'application des peines de Bruxelles. Cette décision, révélée par la presse belge, intervient malgré l'opposition du parquet.
Actuellement détenu à la prison d'Ittre en Belgique, Bakkali avait déjà bénéficié de cinq permissions depuis juillet 2025. Le tribunal a estimé qu'« aucun obstacle légal » ne s’oppose à ces congés. Selon la justice belge, il aurait entrepris des démarches pour renouer avec les victimes, témoignant d'une « volonté claire de se réincorporer à la société ».
Un acteur central des attentats
Cette décision risque de réveiller des douleurs encore vives liées aux événements tragiques du 13 novembre 2015. Ce soir-là, des commandos islamistes de l'État islamique ont attaqué le Stade de France, des terrasses parisiennes et le Bataclan, faisant 132 morts et plus de 400 blessés. Les magistrats français, lors de son procès, l'avaient qualifié de « cerveau logistique », impliqué dans la location de planques, la réservation d'hôtels et la facilitation des déplacements des terroristes entre la Belgique et la France. Des liens étroits avaient été établis avec des membres clés du réseau djihadiste, dont Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attaques.
Au cours du procès des attentats, qui s'est ouvert en septembre 2021, Bakkali a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour son rôle crucial dans la préparation logistique des attaques. Avant cela, il avait déjà purgé 25 ans pour son implication dans l'attentat avorté du Thalys en 2015.
Un cadre légal controversé
En septembre 2022, le parquet antiterroriste français a fusionné ses deux condamnations, tout en réduisant sa peine à 30 ans suite à son transfert en Belgique. Là-bas, les législations offrant une approche plus souple lui ont permis d'accéder à une libération conditionnelle après avoir purgé un tiers de sa peine. Cependant, les autorités belges insistent : ces congés ne signifient pas une libération anticipée, mais s'inscrivent dans un processus progressif de réinsertion, conforme à la législation en vigueur.
Le parquet de Bruxelles, bien qu'opposé à ces congés pénitentiaires, n'a pas les moyens de contester cette décision. Notons que Bakkali n’a pas été impliqué dans le dossier des attentats de Bruxelles en mars 2016, étant détenu durant la phase finale de préparation.
Alors que la société reste marquée par ces événements tragiques, cette décision soulève de vifs débats sur la gestion des peines et la réinsertion des individus condamnés pour terrorisme.







