Malgré des délais de rendez-vous demeurant relativement stables, l'accès aux soins en France pose encore de sérieux défis. Une récente enquête menée par la Fondation Jean-Jaurès en collaboration avec Doctolib révèle que 63 % des patients ont déjà choisi de ne pas consulter, mettant en lumière les inégalités territoriales qui subsistent.
Cette enquête, publiée le 19 mai 2026, brosse un large tableau de la situation médicale en France, en scrutant les délais d'attente selon chaque département et spécialité. Bien que certains délais, notamment chez les médecins généralistes, soient stables à environ trois jours, d'autres spécialités telles que la dermatologie continuent d'afficher des délais préoccupants. En effet, l'attente peut atteindre jusqu'à 90 jours dans certains départements.
Il est intéressant de noter que, selon l'expert Joy Raynaud, géographe spécialiste des inégalités d'accès aux soins, les délais moyens de rendez-vous ne reflètent pas toute la réalité. Elle souligne que "les délais ne prennent en compte que les consultations qui ont effectivement eu lieu", ajoutant que beaucoup de patients abandonnent leurs tentatives de prise de rendez-vous face à des barrières réalistes.
La Fondation Jean-Jaurès met en évidence que parmi ceux qui ont renoncé à chercher un rendez-vous, une grande majorité sont des jeunes et des cadres, ce qui témoigne des pressions horaires et financières. Une conséquence directe de ces abandons est la saturation croissante des services d'urgences, où 23 % des patients se sont retrouvés, faute de rendez-vous disponibles.
Cette situation alarmante s'accompagne d'un manque de médecins traitants, avec 6,7 millions de Français sans suivi médical en 2025. D'autres études, y compris celles menées par l'Assurance-maladie et Drees, indiquent qu'une femme sur trois ne bénéficie pas d'un suivi gynécologique régulier, et de nombreux patients, notamment ceux qui ont besoin de soins dentaires, choisissent également de renoncer à leur traitement.
Des disparités préoccupantes
Dans des territoires ruraux comme dans le Lot, des élus soulignent la gravité de la situation. Rémi Branco, maire de Puy-l’Évêque, souligne que "jamais les habitants n’ont ressenti une si forte dégradation de l’accès aux soins, malgré les efforts des professionnels de santé". En outre, un contraste saisissant apparaît entre Paris, où il faut attendre 16 jours pour obtenir un rendez-vous cardiologique, contre 164 jours dans le Gers, mettant en exergue les inégalités régionales face à l'accès aux soins.







