Une note salée de 400 000 euros s'ajoute à l'ardoise d'Iveco, l'usine d'Annonay se voyant contrainte de payer cette somme à l'agglomération de Roanne, en raison de retards significatifs dans la livraison de bus électriques. Ce montant pourrait atteindre jusqu'à 1,7 million d'euros si la situation ne s'améliore pas. Le site, qui est le principal employeur privé de l'Ardèche, se heurte à des difficultés d'approvisionnement en pièces nécessaires pour la fabrication des véhicules électriques.
La CGT signale également une transition vers une production accrue de bus électriques. Toutefois, pour répondre à cette demande, une embauche massive a été nécessaire, et le processus de formation des nouveaux employés, notamment des intérimaires, prend du temps. Angelino Zanchi, délégué syndical CGT du site d'Iveco, a précisé lors d'une intervention sur ICI Drôme-Ardèche que des retards dans les livraisons étaient inévitables en raison de l'absence de certaines pièces sur les chaînes de production, provoquant ainsi des arrêts temporaires à l'usine pour réorganiser la logistique.
Usine ponctuellement à l'arrêt
Selon Zanchi, "l’un des problèmes majeurs se situe au niveau de l’approvisionnement en pièces. Un nombre considérable de pièces nécessaires à la production est manquant, ce qui est directement lié aux retards de livraison de nos fournisseurs." Ce manque entraîne des interruptions sporadiques de l'activité industrielle, forçant l'usine à suspendre temporairement ses opérations pour finaliser les véhicules déjà sur site.
Difficultés liées à une montée en charge rapide des effectifs
Au-delà des problèmes logistiques, le défi humain engendré par l'accélération du volume de production soulève des interrogations. L'effectif de l'usine est passé de 1 400 à 3 400 employés en un laps de temps très court pour accompagner le lancement de modèles comme le GX. Toutefois, cette hausse rapide n’a pas été compensée par des formations adéquates, ce qui a laissé des intérimaires peu expérimentés à devoir réaliser des tâches complexes, entraînant des inefficacités au sein de l'organisation. Zanchi a déploré : "Lorsque l'on augmente autant les effectifs, il est essentiel de prévoir un temps suffisant pour la formation, ce qui n’a pas été le cas. Des intérimaires se retrouvent donc à produire comme s’ils avaient des mois d’expérience en quelques jours."
Enfin, Zanchi a exprimé des préoccupations quant à l'absence d'anticipation de la part de la direction, malgré un carnet de commandes bien rempli depuis plusieurs années. "Le rachat par un groupe indien a peut-être limité les investissements nécessaires pour moderniser nos installations et lignes de production. Dans le climat international actuel, où l’Inde subit également des impacts, notre situation pourrait devenir inquiétante," a-t-il conclu.







