ÉDITORIAL. L'agression d'un enfant de neuf ans au terme d'un match de football a profondément frappé la conscience collective en France, mettant en lumière une problématique alarmante.
Une image poignante a ému le pays : une mère, en larmes, escortant le brancard sur lequel son jeune fils, Matthéo, a été placé. Ce dernier, ayant participé à un tournoi à Vendin-le-Vieil, a été brutalement agressé par des adversaires à peine âgés de onze ans. Cette scène, aussi fugace qu’inacceptable, rappelle la vulnérabilité de nos enfants face à la violence.
Le père de Matthéo, également entraîneur de l’équipe, a témoigné de son agonie : « J'ai vu mon fils mourir ». Les réactions entourant cette agression soulèvent de nombreuses questions sur l'empathie et la responsabilité des témoins, y compris celle du président du club de Creil, Slimane Layadi, qui a tenté de minimiser l’incident par ses déclarations dans le Parisien: « C’est d’abord Matthéo qui est venu bousculer l’un de nos joueurs... ».
La stagnation face à la montée de la violence est parfois plus préoccupante que la violence elle-même, car elle en facilite l’ascension.
Des incidents de ce genre laissent une empreinte durable sur l'opinion publique. Dans un pays déjà en proie à des tensions palpables, les parents vivent dans l'angoisse chaque fois que leurs enfants participent à une activité sportive. La peur est omniprésente, et cette violence, qui gangrène notre société, ne devrait jamais être banalisée.
La France souffre de multiples crises : économique, institutionnelle, et de sécurité. Pourtant, se battre pour protéger nos enfants d'une rixe totalement évitable devrait devenir une priorité nationale.
Le terme d’ensauvagement, souvent controversé, est examiné par l’experte Thérèse Delpech, ayant conseillé aussi bien la gauche que la droite. Son livre « L'Ensauvagement: le retour de la barbarie au XXIe siècle » (Grasset), récompensé par le prix Femina, éclaire cette indifférence que nous constatons : « Une indifférence cruelle à l'égard de nos concitoyens ». Malheureusement, elle met aussi en avant que « la passivité qui accompagne la montée de la violence est plus destructrice que la violence elle-même ».
Ainsi, il est crucial de se rappeler que Matthéo mérite une voix et qu'il est notre responsabilité de ne pas laisser ces violences se banaliser.







