Les récentes perspectives de croissance du tunnel sous la Manche, surtout avec l'arrivée des TGV Trenitalia et Virgin, suscitent un vif intérêt pour le capital de GetLink. Les deux principaux actionnaires, Eiffage et Mundys, intensifient leur acquisition d’actions.
Il y a plus de trois décennies, les petits actionnaires d'Eurotunnel avaient connu des tumultes financiers. Aujourd'hui, le groupe, renommé GetLink, attire de nouveau l’attention des investisseurs. Eiffage, l'actionnaire français, et Mundys, son homologue italien, se livrent à une lutte acharnée pour renforcer leurs participations dans l'entreprise, motivés par l'attrait des perspectives de croissance offertes par le tunnel sous la Manche.
Eiffage a récemment injecté plus de 166 millions d'euros pour asseoir sa position de premier actionnaire de GetLink, depuis son entrée en 2018. Au cours de l'année dernière, le groupe avait déjà investi près de 700 millions d'euros. À présent, il détient plus de 29% du capital, une fraction inférieure au seuil qui l'obligerait à lancer une offre publique d’achat (OPA) pour prendre le contrôle total de l'entreprise.
Les prochains conseils d'administration s'annoncent décisifs, car Mundys a également augmenté sa part, qu'il maintient à 25%, mais avec un droit de vote légèrement supérieur (29,9%). Contrôlé par la famille Benetton, ce groupe est un acteur important dans le secteur des concessions d’infrastructures, gérant notamment l’aéroport de Nice et plusieurs autoroutes en France.
L'avenir du tunnel sous la Manche est au cœur des enjeux financiers, avec un dividende record de 80 centimes par action prévu lors de l'Assemblée générale annuelle de GetLink le 27 mai. Ce dividende pourrait atteindre un euro d'ici quatre ans, un objectif témoignant des perspectives de croissance anticipées. L’essor à venir, alimenté par la concurrence accrue des TGV de Trenitalia et de Virgin, ainsi que le développement d'une liaison électrique transmanche, laisse entrevoir un horizon porteur.
Les analystes financiers, dont certains consultés par Les Échos, estiment que ce nouvel engouement pourrait transformer le paysage des transports en Europe. « Le tunnel est bien plus qu'une simple infrastructure. C'est un atout stratégique qui pourrait redéfinir les échanges entre le continent et le Royaume-Uni », commente un expert en infrastructures.
En l'espace de trois mois, l'action de GetLink a enregistré une hausse de 8%, et même de 10% sur l'ensemble de l'année. Cependant, l'entreprise a choisi de ne pas commenter ouvertement les récents développements.







