Les données sont préoccupantes. Depuis le début de l'année, 36 femmes ont été assassinées par leur partenaire actuel ou ancien, avec des chiffres alarmants rapportés concernant six meurtres survenus en seulement neuf jours. Face à cette tragédie, les organisations féministes réclament une action immédiate de la part des autorités.
« Les dispositifs existent, mais après presque sept ans depuis le Grenelle des violences conjugales de 2019, leur application reste inégale », déclare la Fondation des femmes. Celle-ci souligne l'importance d'outils tels que les bracelets anti-rapprochement et les ordonnances de protection, en plus du téléphone grave danger.
« Depuis 2024, nous avons observé une diminution des ressources, ce qui a un effet direct sur la hausse des féminicides », explique la fondation sur ses réseaux sociaux, notant une augmentation de 76 % des demandes d'hébergement d'urgence non satisfaites entre 2022 et 2025. De plus, les subventions aux associations féministes ont diminué, entraînant la fermeture de permanences, surtout dans les zones rurales où les féminicides sont fréquents.
Un constat partagé par l'Union nationale des familles de féminicides (UNFF). Sa présidente, Sandrine Bouchait, insiste sur la nécessité d'une action concrète : « Il est temps d'agir, il faut rompre avec la simple communication et passer à l'action. » Elle exprime sa consternation face à la persistance de cette situation, alors que les droits des femmes avaient été soutenus comme une priorité nationale.
Les féminicides en hausse de 11 % entre 2023 et 2024
Selon les données du collectif Féminicides, qui a entrepris depuis 2016 de suivre les cas signalés par la presse, le bilan tragique est accablant : 36 femmes ont été tuées depuis le début de l'année, dont six rien qu'au mois de mai. Récemment, un homme a été soupçonné d’avoir tué par balles son ex-compagne et leurs deux enfants dans le Val-d'Oise avant de mettre fin à ses jours. Une autre affaire tragique a été signalée à Paris, où une jeune femme a été retrouvée morte dans sa baignoire, son partenaire étant le principal suspect.
Les autorités de Moselle enquêtent également sur un possible féminicide après la découverte de deux corps d'origine allemande, ayant subi des blessures par arme blanche. Les chiffres officiels, publiés en octobre dernier, indiquent une augmentations de 11 % des féminicides entre 2023 et 2024, avec un total inquiétant de 107 femmes victimes de leur partenaire.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait alors qualifié la situation de « insupportable » et a affirmé que l'engagement des forces de l'ordre était « total ». L'urgence de la situation exige une réflexion collective profonde sur les moyens d'apporter des solutions efficaces pour lutter contre ce fléau persistant.
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