La Cour de révision se réunit ce jeudi pour examiner la demande de Dany Leprince, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de sa famille en 1994. Aujourd'hui libre à 69 ans, il maintient son innocence et espère obtenir un nouveau procès dans cet emblématique dossier criminel de Sarthe.
Cette formation spécialisée de la Cour de cassation a la possibilité, si elle juge la requête recevable, d'annuler la condamnation de Leprince et d'ordonner un nouveau procès. Toutefois, ces décisions sont rares, comme l'indiquent les experts judiciaires.
En 2011, la Cour avait déjà rejeté une demande similaire, un coup dur pour ses avocats et pour Leprince, qui a passé 18 ans emprisonné. Ce jeudi, les 18 magistrats de la Cour étudieront attentivement les nouveaux éléments qui pourraient remettre en cause le jugement précédent.
Dans un avis préliminaire, l'avocat général Jean-Michel Aldebert a plaidé en faveur d'un nouvel examen d'affaire, évoquant des données inconnues qui méritent d'être confrontées à une série de zones d'ombre persistantes. "De nouveaux débats contradictoires semblent indispensables", a affirmé Aldebert, soulignant les enjeux de cette décision.
Le 4 septembre 1994, le drame avait choqué la France : Christian Leprince, sa conjointe et deux de leurs jeunes filles ont été retrouvés assassinés dans leur domicile. Seule la cadette, Solène, 2 ans, a survécu. Dany, à l'époque âgé de 37 ans, a été accusé par son ex-femme et sa fille aînée, mais sa version des faits reste fluctuante, oscillant entre l'aveu et la rétractation.
Sa condamnation par la cour d'assises de la Sarthe en décembre 1997 fut sans appel, le condamnant à une réclusion à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, ce qui a restreint ses options d'appel jusqu'à des lois plus récentes.
Après un premier rejet par la Cour de révision en 2011, qui a jugé qu'aucun nouvel élément significatif n'avait été présenté, Leprince avait ressenti une profonde frustration." Je suis innocent, je ne comprends pas", avait-il déclaré, ému, lors de son retour en détention.
Depuis sa libération conditionnelle en 2012, Dany Leprince a affronté une série d'épreuves, y compris un retour en prison pour une infraction mineure. Mais en 2021, ses avocats ont déposé une nouvelle requête, mettant en exergue une reconstitution ajoutant des doutes aux témoignages d'accusation, plus particulièrement celui de Célia.
"Nous avons des éléments nouveaux qui pourraient susciter un doute quant à sa culpabilité", indiquent les avocats de Dany Leprince, Oliver Morice et Missiva Chermak Felonneau, soumettant que "la révision de cette condamnation serait bénéfique pour l'honneur de l'institution judiciaire". Les cas de révisions judiciaires en France sont rares, à peine une douzaine depuis 1945, mais ce cas pourrait révolutionner le cours de l'affaire.







