Depuis 2019, la Ville de Paris intensifie les réquisitions de gymnases pour héberger des migrants sans-abri. Le gymnase Renée-Garilhe dans le 17e arrondissement en est le dernier exemple, après celui de la Fédération dans le 15e. Cette pratique, bien loin d'être anecdotique, pénalise les structures sportives, irrite les résidents et exaspère les élus locaux.
En cette belle matinée, le gymnase Fédération, situé à deux pas de la tour Eiffel, est fermé. Dans le parc voisin, des enfants jouent, tandis qu’un homme et une femme se balancent sur un tourniquet, attendant... Depuis deux mois environ, le gymnase est occupé par des dizaines de familles migrantes. Selon des sources de la mairie, environ 150 personnes sont actuellement hébergées dans cet établissement.
À l’entrée, une jeune bénévole de l’association Equalis accueille les visiteurs. Laurent, un habitant du quartier, partage son point de vue : “Nous comprenons l’importance de l’hébergement, mais ne pourrait-on pas envisager d’autres solutions ?” Ces préoccupations résonnent largement dans la communauté.
Entre 20 et 25 gymnases mobilisés à tour de rôle
La Ville de Paris a réquisitionné entre 20 et 25 gymnases, notamment dans les arrondissements 15, 16, 17, 12, 13 et 20. Les clubs sportifs et les écoles en souffrent. Par exemple, le gymnase Jean-Bouin a été fermé 19 fois depuis 2019, tandis que celui de Bourneville a été réquisitionné pendant 61 semaines, affectant directement la pratique sportive.
Le besoin d'hébergement d'urgence est croissant. Pendant la Nuit de la Solidarité, un décompte a révélé que 3 857 personnes se trouvaient sans abri dans les rues parisiennes, un chiffre en hausse. Ce besoin urgent est exacerbé par le manque de transparence et les occupations répétées de lieux publics par des associations pro-migrants, comme Utopia 56.
Les impacts sur les usagers sont immédiatement visibles. Un parent déplore : “Mes enfants n’ont accès au gymnase que quatre mois sur les huit derniers mois.” Les conséquences de ces réquisitions sur la vie sportive sont devenues un sujet de mécontentement croissant, avec de nombreuses voix appelant à des solutions alternatives.
Une situation qui perdure sans solution claire
Le maire du 15e arrondissement, Philippe Goujon, exprime son exaspération : “Nous recevons un message à la dernière minute pour nous avertir des réquisitions, sans solutions de repli pour les sportifs.” De nombreux parents envisagent de changer leurs enfants de club en raison de cet état de fait.
Des clubs, comme le Paris Eiffel Club de basket, ont même lancé des pétitions pour dénoncer cette situation. Leur dirigeant a déclaré : “La défense du sport est bien souvent un discours, mais sur le terrain, cela ne se traduit pas.”
Les élus demandent plus de clarté concernant le processus de sélection des gymnases réquisitionnés et soulignent que la plupart des accueillis sont en situation irrégulière, ce qui soulève des questions éthiques et pratiques sur cet état de fait.
En réponse, la mairie présente son plan 4 000 places, visant à créer de nouvelles structures d’hébergement. Cependant, beaucoup estiment que cela ne suffit pas et que des solutions durables sont urgentes.
Les retours des habitants montrent que la situation demeure précaire et peu définie. Comme le résume Grégory Canal, élu du 15e arrondissement : “C’est un puits sans fond, la demande d’hébergement continuera d’augmenter.” La mairie, contactée pour des commentaires, n’a pas encore réagi.







