Le tribunal administratif de Lille a ordonné le 20 avril dernier à l’État d’assouplir les conditions de parloir de Salah Abdeslam, menaçant d’une astreinte de 100 euros par jour en cas de non-respect. Cette décision vient confirmer une ordonnance précédente, datant du 1er avril, que l'administration pénitentiaire avait ignorée.
Les avocats d'Abdeslam, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris, avaient porté l'affaire devant le juge des référés en raison du maintien de la vitre d'hygiaphone, qui empêche tout contact direct avec ses proches.
Sa mère et sa sœur arrêtées avant un parloir
Cette décision fait écho à un incident récent où la mère et la sœur d'Abdeslam ont été arrêtées avant une réunion qui a ensuite été annulée, ce que ses avocats considèrent comme un prétexte pour justifier la rigidité des conditions de parloir. Cette situation a été fermement démentie par l'administration pénitentiaire.
Actuellement, les visites d'Abdeslam, détenu dans la prison ultra-sécurisée de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), se déroulent dans une cabine où il ne peut pas entrer en contact physique avec ses interlocuteurs en raison de la vitre d'hygiaphone.
Cette mesure a été instaurée après qu'Abdeslam a été placé en garde à vue, suite à la découverte d'une clé USB lors d'une précédente visite, remise par son ex-compagne, Maëva B. Cette clé contenait selon le Parquet national antiterroriste des documents liés à la propagande islamiste. Le Pnat a par ailleurs demandé une "mise en examen ultérieure" pour cette affaire, même si aucune décision n’a encore été prise.
Une ordonnance à portée symbolique
Les avocats d'Abdeslam ont qualifié la décision du tribunal de "logique" et comme une sanction d'une violation d'une décision de justice par le garde des Sceaux, ce qui, selon eux, inquiète le citoyen lambda. Ils évoquent cependant le caractère essentiellement symbolique de l'ordonnance, insinuant que les gardes à vue de la semaine précédente avaient principalement pour but de justifier le maintien des conditions restrictives, comme l'isolement par hygiaphone.
Pour l'heure, ni l'administration pénitentiaire ni le ministère de la Justice n'ont fourni de commentaires sur cette affaire.







