Le 18 avril dernier, à l'occasion de l'inauguration du « Mât de la fraternité et de la mémoire » à Nantes, Pierre Guillon de Princé a pris la parole pour présenter ses excuses au nom de ses ancêtres armateurs négriers. Cette démarche inédite a suscité de vives émotions, notamment dans un port qui a joué un rôle central dans la traite négrière au XVIIIe siècle.
« Pour moi, c’est un soulagement », a déclaré l’octogénaire, soulignant l’importance de reconnaître les atrocités du passé. Ses aïeux, notamment Daniel Jean Guillon et Jean-Baptiste Christophe Guillon, avaient armé des navires pour la traite atlantique, un trafic qui a déporté des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants.
Selon les archives, entre 1766 et 1789, ils ont effectué 18 départs de Nantes, arraché 4 500 captifs et causé la mort de plus de 200 d’entre eux en mer. Pierre Guillon de Princé a insisté sur le fait que ces actes sont considérés comme des « crimes contre l’humanité », selon la loi Taubira de 2001.
En écho à cette reconnaissance, Dieudonné Boutrin, descendant d'esclaves et président de l'association Coque Nomade-Fraternité, a également exprimé son espoir d’une justice réparatrice. Guillon de Princé a ainsi déclaré : « C’est tout un traumatisme qui perdure alors que les communautés des Caraïbes continuent d’en subir les conséquences. » Ce geste de réconciliation est renforcé par un don de 5 000 euros à l’association Haïti Futur, destiné à promouvoir l’éducation et l’entrepreneuriat.
Ce moment symbolique a été partagé sur les réseaux sociaux, avec des commentaires d’internautes soulignant l’importance d’affronter son histoire. Johanna Rolland, Maire de Nantes, a salué cet acte courageux, en mentionnant que l’initiative vise à ne jamais oublier les crimes de l'esclavage et à continuer cette conversation essentielle.







