Lundi, plusieurs dizaines de mineurs ont mené un sit-in devant le ministère de l'Énergie en Turquie, torse nu, dans le cadre d'une grève de la faim pour réclamer le paiement de salaires en attente, comme l'a rapporté un photographe de l'AFP.
Environ 90 mineurs, ayant parcouru 180 kilomètres à pied depuis Eskisehir jusqu'à Ankara en neuf jours, ont dénoncé les retards de paiement et les indemnités non verseées, s'organisant en tant que membres du Syndicat indépendant des mineurs.
Les manifestants, portant des slogans écrits sur leur corps tels que "Nous avons encore plus faim" et "Nous continuerons jusqu'à obtenir nos droits", ont exprimé leur frustration avec des bruits de casques de sécurité battus sur le sol. Ils ont tenté sans succès de rencontrer le ministre de l'Énergie, Alparslan Bayraktar.
À leur arrivée à Ankara, un déploiement policier a eu recours à des gaz lacrymogènes, procédant à des arrestations temporaires de certains membres du syndicat. Toutefois, ces derniers ont été relâchés plus tard dans la journée.
Doruk Mining, une filiale de Yildizlar SSS Holding, gère une centrale thermique à Eskisehir. Au cours des dernières années, la mine et la centrale ont été transférées à Yildizlar après avoir été administrées par le Fonds d'assurance des dépôts d’épargne (TMSF). Depuis, des licenciements massifs et des arrêts de travail sans solde ont conduit à une accumulation de salaires et d'indemnités impayés, selon les médias turcs et le syndicat.
Des experts du secteur, tels que la sociologue du travail Fatma Akın, ont souligné l'importance de cette mobilisation : "Ces actions ne sont pas seulement une revendication, mais un cri de désespoir face à l’invisibilité des travailleurs et la précarité croissante dans le secteur minier".







