À l'approche de l'examen d'une loi-cadre cruciale pour le secteur ferroviaire, le collectif "Sans trains en colère" s'est rassemblé, ce mardi, devant les grilles du Sénat à Paris. Leur objectif : réclamer un investissement accru pour préserver et rénover les lignes Intercités et TER.
Une quarantaine de militants, brandissant des drapeaux, ont mené cette action symbolique, visant à alerter les parlementaires sur les enjeux cruciaux de l'avenir du transport ferroviaire en France. Bernard Peuch, trésorier du collectif AngouLim, a exprimé un sentiment d'urgence en déclarant : "Le ferroviaire fonctionne sur le temps long. Ce qui nous manque aujourd'hui, c'est une vision à 10, voire 20 ans pour prévoir les investissements en conséquence".
Un financement insuffisant
Le contrat entre l'État et la région Nouvelle-Aquitaine prévoit seulement 34 millions d'euros pour la remise à niveau des voies, soit à peine 14% des 240 millions d'euros nécessaires. "Le problème, c'est que nous avons besoin de la totalité du budget pour démarrer les travaux. Sinon, cet argent risque d'être détourné pour agrandir la route nationale qui longe les rails", souligne Bernard Peuch.
Alors que la loi-cadre ambitionne de revitaliser le secteur ferroviaire, les associations présentes expriment de vives inquiétudes. Patricia Rochès, présidente des Amis du viaduc de Garabit, a dénoncé l'absence d'objectifs chiffrés dans le texte soumis aux parlementaires, ajoutant : "Nous devons mettre fin à 40 ans de sous-investissement".
Des bénéfices pour l'avenir
Le ministre des Transports, assurant un avenir plus sécurisé pour le ferroviaire, envisage d'affecter une partie des bénéfices futurs des concessionnaires d'autoroutes à partir de 2031. Philippe Tabarot croit fermement que cette loi est "historique".
Les membres du collectif ont soumis 23 propositions d'amendements pour garantir les financements nécessaires. Parmi ces propositions, on retrouve le retour de l'écotaxe sur les camions internationaux, une régulation tarifaire des billets de train, et un plan décennal de réinvestissement.
Une relance nécessaire
Les acteurs du secteur soulignent la gravité de la situation. En dehors des lignes à grande vitesse, l'âge moyen des rails en France s'établit à 29 ans, contre seulement 17 ans en Allemagne. "Nous faisons face à un chantier colossal, il est difficile de savoir par où commencer", affirme Patricia Rochès, qui rappelle que, malgré les efforts, des modifications d'envergure doivent être entreprises sur des lignes cruciales.
Dans l'urgence, une nouvelle manifestation a été annoncée pour le 30 mai prochain à Clermont-Ferrand, suite à un précédent rassemblement qui avait attiré près de mille défenseurs du train. Les associations restent mobilisées, espérant des décisions concrètes et une relance effective du secteur ferroviaire français.







