Le 14 avril, six membres de l'institut de la Sainte-Croix de Riaumont, à Liévin, se présenteront devant le tribunal correctionnel de Béthune pour faire face à de sévères accusations. Ils sont soupçonnés d'avoir exercé des violences sur mineurs sur une trentaine d'adolescents entre 2007 et 2019. Un renvoi du dossier devrait être proposé, permettant une étude approfondie des faits.
Les prévenus, parmi lesquels l'ancien prieur Alain H., sont actuellement sous contrôle judiciaire. L'institut, fondé en 1960, a été au cœur de divers scandales judiciaires liés à de possibles maltraitances. Selon L'Humanité, plusieurs procédures ont été ouvertes à l'encontre de la communauté traditionaliste pour des actes de violence et maltraitance.
Une enquête canonique
Lors d'un précédent procès, Alain H. avait été condamné à deux ans de prison avec sursis pour consultation de fichiers pédopornographiques, un dossier complexe qui a amené la police à interroger plus de 200 témoins et victimes depuis 2014. Un ancien élève, rapportant des faits accablants, a déclaré avoir été frappé à plusieurs reprises, évoquant un tympan perforé par des coups. De plus, d'autres membres de l'institut sont également mis en examen pour agressions sexuelles, tandis qu'une enquête canonique a été ouverte par l'évêque d'Arras, Monseigneur Leborgne, à l'égard de trois prêtres mis en cause.
Les sanctions encourues par les prévenus vont jusqu'à trois ans de prison et 15 000 euros d'amende. Toutefois, cette audience ne sera pas un véritable procès, mais plutôt une formalité visant à renvoyer le dossier devant une équipe collégiale de juges, permettant ainsi d'examiner la complexité de cette affaire dans des conditions adéquates. Octave Nitkowski, avocat des prévenus, affirme que les accusations de violence physique sont « fermement contestées », rappelant le principe de présomption d'innocence.







