L'exploitation sexuelle des mineurs est un fléau en forte augmentation dans les Pyrénées-Orientales. Une centaine d'adolescents en sont victimes, comme l'a révélé l'association Enfance en danger, oser en parler. Ce mardi, elle organise une conférence à Perpignan pour aborder ce sujet préoccupant.
Ce phénomène, souvent invisible, se déroule pratiquement sous nos yeux. Les services sociaux du Département ont identifié 115 enfants et adolescents victimes d'exploitation sexuelle dans la région. Les statistiques sont en nette progression, ce qui soulève de vives inquiétudes au sein de la communauté.
Jean-Louis Gérente, président de l'association, explique que ces adolescents partagent un profil commun : "Ils sont souvent issus de situations familiales difficiles, peut-être maltraités ou placés. Victimes de violences et de comportements abusifs, ces jeunes sont en quête d'affection et de validation, ce qui les rend vulnérables aux exploitants."
Des proxénètes parfois plus jeunes que leurs victimes
Parmi ces victimes, beaucoup sont des filles, certaines aussi jeunes que 12 ans, souvent sous la coupe de proxénètes qui sont parfois plus jeunes qu'elles. Gérente souligne : "Ces jeunes peuvent être entraînées dans une spirale de dépendance, souvent initiée par une relation amoureuse où elles se sentent obligées de satisfaire les demandes de leurs partenaires. Cela commence par de petites pressions qui s'intensifient."
Dans cette dynamique alarmante, les réseaux sociaux jouent un rôle prépondérant, permettant à des petits amis de recruter des clients en ligne ou même via des plateformes comme Airbnb. Un constat amer pour Gérente qui déplore le manque d'attention politique sur cette question cruciale. "La maltraitance des enfants devrait être une priorité nationale, mais elle ne l'est pas, et les ressources manquent toujours".
La conférence prévue à 18h dans l'amphithéâtre de l'IRTS à Perpignan vise à sensibiliser le public et les élus sur l'urgence d'agir face à cette réalité sournoise. Les savoirs et discussions qui en découleront pourraient être des premières pierres à l'édifice d'une mobilisation nécessaire pour protéger nos enfants.







