Le 13 avril, les députés français ont voté à l'unanimité une loi tant attendue pour faciliter la restitution des œuvres pillées durant la colonisation. Toutefois, plusieurs spécialistes soulignent que cette initiative, bien qu'importante, reste insuffisante.
Emmanuel Macron avait promis cette démarche en 2017 lors d'un discours à Ouagadougou, au Burkina Faso. Depuis, des œuvres ont commencé à être restituées, comme le célèbre tambour « Djidji Ayokwe », restitué à la Côte d'Ivoire au terme d'un long processus législatif. Selon le ministère de la Culture, une dizaine de demandes de restitution sont en attente, ce qui souligne l'angoisse persistante des anciennes colonies concernant leur patrimoine volé.
Cependant, certaines voix s’élèvent contre cette loi. L’historienne de l’art Annabelle de Jevenois évoque une « relation asymétrique » entre la France et ses anciennes colonies, soulignant que le cadre légal actuel ne répond pas aux attentes des pays concernés. « La restitution ne peut pas être perçue comme un simple geste de bonne volonté, mais doit être comprise dans le cadre d'une revalorisation des cultures africaines », ajoute-t-elle.
Le scepticisme est également partagé par d'autres experts, qui appellent à des démarches plus soutenues et à une refonte complète des politiques culturelles. Comme le rapporte France Info, la question de la restitution des œuvres coloniales reste un sujet délicat, dans un contexte où les rapports de force historiques continuent d'influencer les échanges culturels.







