Peluche, un musicien de rue célèbre sur la place du Château, n'aurait jamais imaginé que celui qui l’accompagnait si souvent pourrait lui causer du tort. Cet homme lui tenait compagnie, l’aidait et lui offrait même à manger, devenant ainsi une figure familière et réconfortante dans sa vie.
Valentin, connu sous le nom de scène Peluche, déclare : "Je remarquais que de grosses sommes d'argent disparaissaient de ma poche, mais je n'aurais jamais imaginé que c'était lui." Son ami, dont il louait la gentillesse, s'est révélé être un traître.
Souvent, après leurs rencontres, Peluche se rendait compte qu'il lui manquait de l'argent, mais sa cécité l'empêchait d'identifier le voleur. Pendant toute cette période, il n'a jamais soupçonné son "ami".
Des prêts à taux exorbitants
Confronté à des difficultés financières, ce dernier lui a proposé une aide sous la forme d'un prêt. Ne pouvant pas obtenir de crédit à la banque, Peluche s'est vu offrir de l'argent rapidement, mais à un taux d'intérêt exorbitant de 30 % par semaine.
"Je devais constamment payer des intérêts chaque semaine," confie-t-il, épuisé. "Si je ne parvenais pas à réunir l'intégralité de la somme, ma dette ne faisait qu'augmenter." Il exprime alors son angoisse : "J'espère que le fait de parler ne va pas me coûter la vie."
Dans un café près de la cathédrale, des témoins, comme Pamela, serveuse, ont remarqué des comportements suspects. "Quand Peluche et l'autre musicien jouent ensemble, celui-ci garde la plus grande part des dons," raconte-t-elle. "Peluche ne le sait pas, mais nous avons remarqué les irrégularités."
Un appel à l’aide entendu
Le 11 avril, la situation a basculé. Nijat Kazimov, photographe de rue, croise Peluche en larmes. En voyant le musicien aveugle si désemparé, il décide d'intervenir. "C’est insupportable de voir une personne aveugle pleurer," déclare Kazimov, cofondateur du site "Street Photography".
Choqué par la détresse de Peluche, il l'accompagne au commissariat pour déposer une plainte, avec l'enregistrement du témoignage de Pamela comme preuve.
Une mobilisation sur les réseaux sociaux
Le même jour, Nijat partage l'histoire de Peluche sur ses réseaux sociaux. En moins de 48 heures, la publication est vue par des millions de personnes. Cette visibilité suscite une vague d'émotion et a permis à Peluche de recevoir de l'aide de la part d'associations et de la mairie de Strasbourg.
Peluche, dont la solitude est palpable, s'est alors adressé à Kazimov : "Dans ma vie, je n’ai pas d’amis. Est-ce que tu peux devenir mon ami ?" À cette demande simple, le photographe a répondu sans hésitation : "Oui, bien sûr."







