Ce samedi 28 mars, Bally Bagayoko, fraîchement élu à la tête de cette commune emblématique de Seine-Saint-Denis, a fait part de sa décision de porter plainte après la diffusion, sur CNews, d'une séquence controversée. La chaîne a quant à elle rejeté ces accusations en les qualifiant de "polémique infondée".
"Il y aura un dépôt de plainte... Je souhaite organiser un grand rassemblement pour rassembler ceux qui s'opposent au racisme et au fascisme", a affirmé le maire, qui a été élu dès le premier tour le 15 mars dernier. Cette décision survient dans un contexte où il a déjà été la cible de nombreuses attaques racistes sur les réseaux sociaux après son élection.
La polémique a pris forme à la suite de propos tenus par le psychologue Jean Doridot lors d'un débat sur les premiers jours du mandat de Bagayoko. Dans le cadre d'une discussion où il était question des accusations visant le maire, qui chercherait à écarter des agents territoriaux en désaccord avec son agenda, Doridot a fait une déclaration qui a été largement interprétée comme raciste.
LFI dénonce un racisme "crasse et décomplexé"
La controverse a été exacerbée par les réactions de plusieurs personnalités politiques. Mathilde Panot, cheffe des députés de La France insoumise, a dénoncé des propos qu'elle considère comme une comparaison dégradante entre Bagayoko et "un chef de tribu". Elle a annoncé son intention de saisir l'Arcom, l'entité régulatrice de l'audiovisuel en France, et a été suivie par plusieurs autres élus de gauche.
Ian Brossat, sénateur communiste, a également critiqué CNews, la qualifiant de "cloaque raciste", tandis que Léa Balage El Mariky, députée écologiste, a désigné la chaîne comme étant "poubelle-news", tout en pointant son traitement des nouveaux maires.
En réponse à l'indignation générée, la direction de CNews a réagi en affirmant que les propos de Doridot avaient été mal interprétés sur les réseaux sociaux, alimentant ainsi une polémique jugée sans fondement. Plus tard, le psychologue a insisté sur le fait qu’il n’avait eu aucune intention raciste derrière ses mots, déclarant avoir voulu aborder le sujet de manière plus universelle, mais reconnaissant que sa formulation n'était peut-être pas assez claire.
Les implications de cette affaire touchent des problématiques sociales et politiques cruciales, rappelant combien le racisme et les préjugés peuvent s'immiscer dans les discussions publiques. La réponse de la communauté et des institutions face à de tels incidents reflète un enjeu sociétal majeur dans la France d'aujourd'hui.







