Ce samedi, une vague de manifestations pour le mouvement “No Kings” a déferlé à travers les États-Unis, témoignant d'un fort mécontentement populaire envers les politiques migratoires et économiques du président Donald Trump, ainsi que la guerre en Iran. "De petits rassemblements à St. Petersburg, en Floride, à des foules massives à Manhattan, la troisième édition des manifestations No Kings a une fois de plus prouvé que la colère gronde dans tout le pays," rapporte Mother Jones.

Les slogans, pancartes et discours des manifestants ont mis en lumière l'irritation croissante face à la violence des agents de l'immigration et à la hausse du coût de la vie, tout en énonçant des préoccupations concernant l'actualité autour de la guerre en Iran. Mother Jones note que “l’amer désarroi d'innombrables Américains face à la gestion des crises par l'administration est palpable.”

Avec environ 3 300 rassemblements organisés à travers le pays, cette journée d'action marque un tournant, illustrant la mobilisation croissante depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche. Les organisateurs estiment le nombre total de participants à au moins huit millions, un chiffre qui dépasse celui des manifestations précédentes de cet automne, bien que ces chiffres ne soient pas vérifiés de manière indépendante.

Un rassemblement historique au Minnesota

Le principal événement s'est focalisé devant le Capitole du Minnesota à St. Paul, un lieu sensible en raison des violences policières vécues cette année. Manifestations et célébrations se sont entremêlées, avec plus de 200 000 participants célébrant les résistances locales aux politiques fédérales tout en s'attaquant à Trump. The Minnesota Star Tribune précise que des figures emblématiques de la musique et de la politique, comme Bernie Sanders et Joan Baez, ont pris la parole. Bruce Springsteen a également vibré les foules avec son titre “Streets of Minneapolis”, dédié aux victimes des violences d’ICE.

Le gouverneur démocrate Tim Walz a accusé Trump de “dictateur en herbe” et de “clown orange”, en exigeant justice pour les familles touchées par la répression. Fox News rapporte ses mots forts devant cette mobilisation.

Des tensions à la côte Ouest

Bien que la majorité des manifestations aient été pacifiques, des tensions ont éclaté sur la côte Ouest, où à Portland, des affrontements ont eu lieu entre manifestants cagoulés et agents fédéraux, alors qu'à Los Angeles, des dizaines de manifestants ont été interpellés suite à l'usage de gaz lacrymogènes. The Los Angeles Times a rapporté des blessures par balles en caoutchouc et des brûlures parmi les participants.

Sans réaction immédiate de Trump, la porte-parole de la Maison-Blanche, Abigail Jackson, a qualifié ces événements de “séances de thérapie pour le délire anti-Trump,” affirmant qu'ils ne concernaient que les “journalistes payés pour les couvrir.” NPR a également fait écho à ce sentiment.

Mobilisation au-delà des bastions démocrates

Il est à noter que presque la moitié des manifestations se sont tenues dans des États traditionnellement républicains, avec des événements en Floride, au Texas et dans l'Ohio. CNN souligne qu'une participation notable est venue de communautés rurales, témoignant d'un élan croissant au sein de groupes conservateurs.

Ces mouvements d'esprit protestataire, bien que puissants, soulèvent des questions sur leur impact politique. The New York Times s'interroge sur la possibilité de canaliser cette énergie vers des victoires électorales en novembre et de transformer cette colère en action durable. En effet, comme le rappelle The Washington Post, les manifestations ne garantissent pas toujours des résultats politiques.

“Pourtant, ces rassemblements de résistance, qu'ils se tiennent dans des fiefs démocrates ou des bastions républicains, sont une véritable affirmation de la vitalité démocratique, même sous la présidence d'un homme qu'ils qualifient de roi autoproclamé,” conclut le quotidien.