Fort de son expérience en tant qu'homme d'État, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a dévoilé vendredi une première ébauche de son projet pour la France. Se revendiquant héritier de figures emblématiques comme le général de Gaulle et Jacques Chirac, il n’a cependant pas encore officialisé sa candidature à la présidentielle de 2027.
Actuellement très présent sur les questions internationales, Villepin, connu pour son opposition à la guerre en Irak en 2003, a prononcé un discours à l'université de La Sorbonne, en mettant l'accent sur son attachement à la France à l'horizon 2027.
À 72 ans, il comprend l'importance de se forger une place sur la scène politique.
Réputé pour son soutien à Gaza, il n’a pas manqué de critiquer les idées de Jean-Luc Mélenchon sur la « nouvelle France », tout en marquant un désaccord avec le concept de « France de souche ».
Pour se démarquer de Gabriel Attal auprès d'un public centristе, il a exprimé sa désapprobation face à la minimisation du droit international, soutenus par des propos d’un jeune ancien Premier ministre.
Issu de la droite, Villepin, fondateur de La France humaniste, n’hésite pas à critiquer son ancienne famille politique, qu'il accuse de glisser vers l’extrême droite.
« Le droit n'est plus la langue commune du vivre ensemble », a-t-il affirmé, en référence à Bruno Retailleau, président des Républicains, soulignant la nécessité d'un retour à des valeurs communes.
Devant un auditoire varié, allant des étudiants aux retraités, il a appelé à un « redressement républicain », qu’il associe au gaullisme, qu’il juge être un repère dans un monde en crise.
Pour illustrer son propos, il a critiqué les actions des derniers présidents, affirmant que « depuis 2007, la France n'est ni gouvernée ni réformée ». Villepin a même clâmé que le « macronisme est mort ».
À propos de son projet, qui semble séduire jusqu'à présent sans se traduire en intentions de vote, Villepin a choisi d’adopter une approche large, rendant hommage à Alain Juppé et Lionel Jospin, tout en s'opposant à des idées radicales.
Pointant du doigt le « wokisme » et le danger du « populisme identitaire », il a également proposé de remplacer l'âge légal de départ à la retraite par une règle basée sur la durée de cotisation.
« La famille est devenue l'impensé de la gauche, le fantasme de la droite », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de trouver un équilibre.
Revenant sur sa tentative de 2012, qui avait échoué à cause du manque de parrainages, il a reconnu avoir tiré des leçons de cette expérience.
« J'ai eu ma part d'erreurs, et je n’ai jamais eu peur de les reconnaître », a-t-il ajouté, énumérant des sujets sensibles comme le CPE et les politiques sur les banlieues.
Au sujet de ses ambitions personnelles pour 2027, il a laissé entendre, sans l'affirmer clairement, qu'il envisageait de se présenter. « Il vient un moment où le devoir est de transmettre ce que l'on a reçu de meilleur », a-t-il souligné.
Quand sera-t-il officiellement candidat ? Son entourage, en réponse à une question de l'AFP, a indiqué que le climat de précampagne présidentielle s'intensifie et que l'annonce de candidature pourrait intervenir entre avril et décembre 2026.
Interrogé en janvier sur son calendrier, Villepin avait répondu qu'il fallait laisser aux Français le temps de se projeter vers la présidentielle, maintenant que les élections municipales sont derrière eux.







