En février dernier, la préfecture du Nord avait opposé son veto à l’ouverture d’une classe de CP au sein du groupe scolaire Averroès, le plus important établissement scolaire musulman de France. Ce vendredi, le tribunal administratif de Lille a confirmé, en référé, cette interdiction, estimant qu'il n'y avait pas d'urgence à statuer.
La préfecture s’était clairement opposée à cette initiative, avançant que le projet d'Averroès s’inscrit dans une stratégie de domination des Frères musulmans et qu’elle pourrait devenir un vecteur d’influence pour l’islam politique.
En réponse, l’association Averroès a affirmé, lors de l'audience du 16 mars, que son approche était à l'opposé de celle des Frères musulmans, en soulignant notamment la liberté de choix accordée aux jeunes filles concernant le port du voile, celui-ci étant proscrit à l’école primaire.
Averroès avait saisi le tribunal en urgence, arguant que des travaux étaient en cours et que les préparatifs pour la rentrée 2026 ne pouvaient être déplacés sur plusieurs mois. Cependant, le tribunal a décidé de ne pas suspendre l'interdiction, considérant que la non-ouverture de cette classe ne nuirait pas aux élèves, la disponibilité de places dans d'autres établissements étant un facteur déterminant.
Le juge des référés a donc rejeté la demande d'Averroès, sans se prononcer sur la légalité de l’interdiction, et a précisé que la procédure sur le fond pourrait prendre plusieurs mois. En décembre 2023, la préfecture du Nord avait déjà mis fin au contrat d’association entre l’État et le lycée, soulignant une volonté de contrôle accru sur ce secteur éducatif.
Un précédent arrêt de la justice administrative avait rétabli ce contrat en 2025, une situation qui fait encore l’objet d’un litige devant la cour administrative d’appel de Douai, dont la date n'est pas encore fixée. Avec environ 800 élèves, le groupe scolaire Averroès demeure un acteur majeur de l'éducation musulmane en France.







