La dotation globale de fonctionnement (DGF) soulève de vives inquiétudes parmi les maires d'Aveyron. Alors que certains parlent d'un "marasme", d'autres évoquent une "incompréhension" face à ce système crucial pour les finances locales.
Ce sujet tensionne actuellement la campagne municipale à Rodez, où Christian Teyssédre, le maire sortant, a pointé du doigt le député Stéphane Mazars, l'un de ses concurrents, à propos de la réduction de cette dotation. La DGF, qui est une source cruciale de financement pour les communes, semble devenir une arme politique.
Au-delà de ce débat politique, les élus se sentent de plus en plus perdus face aux méthodes d'attribution de la DGF. Jean-Marc Calvet, président de l'association des maires de l'Aveyron, s'inquiète : "La logique est difficile à percevoir. Personne ne comprend son attribution, c'est la bouteille à l'encre". De nombreux maires sont en effet dans l'incompréhension, se sentant démunis face à cette situation.
À Onet, des pertes alarmantes sur une décennie
Jean-Philippe Keroslian, maire d'Onet-le-Château, est l'un des élus les plus touchés. "C’est un véritable marasme. Chaque année, notre commune perd plus d’un million d’euros", déclare-t-il, dépeignant un tableau inquiétant. Alors qu'en 2013, Onet-le-Château recevait 1 281 000 euros en DGF, le montant est tombé à 60 000 euros en 2025.
"On se retrouve face à un État qui, petit à petit, sape les finances des collectivités," poursuit-il. La DGF, composée de divers aspects tels que la part forfaitaire et de péréquation, est essentielle pour le bon fonctionnement des collectivités. C'est une enveloppe budgétaire qui renvoie une part des recettes de l'État.
Des comparaisons inéquitables
La situation devient d'autant plus perplexe lorsque l'on compare les ressources de différentes communes. Keroslian fait remarquer que, malgré leur proximité, Onet-le-Château ne reçoit pas les mêmes fonds que Villefranche-de-Rouergue, qui bénéficie d’un montant supérieur de 1,7 million d’euros. Il affirme que "les cas sont comparables. Tant mieux pour eux, je préfère qu’ils soient dans cette situation plutôt que la nôtre..."
Alors, que faire pour remédier à cette disparité ? Jean-Marc Calvet est pragmatique : "Il faudrait mettre les moyens, mais est-ce possible aujourd’hui...?" De son côté, Keroslian a tenté d'éveiller les consciences via TikTok et de nombreux courriers, mais sans résultats tangibles. "Tout le monde compatit, mais il ne se passe rien", regrette-t-il alors que la situation demeure inchangée.
Dans le projet de loi de finances pour 2026, la DGF est maintenue au même niveau qu’en 2025, soit 27,4 milliards d’euros, laissant planer une incertitude accentuée pour l’avenir des communes.
Exonération pour les communes et un nouveau dispositif en 2026
Par ailleurs, dans le cadre du projet de loi de finances 2026, les communes seront exemptées de la contribution "Dilico", un prélèvement instauré pour aider à désendetter l'État. Ce dispositif de lissage conjoncturel a comme objectif de mettre en réserve un milliard d'euros, restituables dans les trois ans. En Aveyron, 12 communes et 4 intercommunalités avaient initialement été mises à contribution pour un total de 1 237 978 euros.
Pour 2026, la situation semble plus favorable, avec une exemption de contributions pour les communes, un choix soutenu par le Sénat lors des échanges budgétaires. Bien que l'on ne connaisse pas encore la répartition locale de ces fonds, la somme mise en réserve sera de 740 millions d'euros, financée par les Régions, intercommunalités et Départements.







