À un peu plus d’un an des élections présidentielles de 2027, les stratégies politiques se dessinent. Un sondage Ifop pour Sud Radio et Le Figaro, réalisé les 26 et 27 février, montre que dans diverses configurations, le Rassemblement national (RN) conserve la première place. Jordan Bardella, en tête, récolte entre 36 et 38 % des voix, tandis que Marine Le Pen suit avec 34 à 35 %.
« Jamais le RN n’a affiché des résultats aussi élevés si près d’une présidentielle », commente Frédéric Dabi, directeur général Opinion chez Ifop. Les meilleures perspectives pour le RN se présentent surtout face à un candidat unique représentant le « socle commun » ou face à des personnalités du gouvernement comme Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu.
Dans ce contexte, l’entrée du RN au second tour apparaît presque inévitable. Le principal enjeu réside désormais dans l'identité de son opposant. La multiplication des candidatures au sein de chaque camp complique la détermination d'un candidat solide.
Éclatement du bloc central
Les intentions de vote au sein du bloc central voient Édouard Philippe en tête avec environ 16 %, devant Gabriel Attal (10 à 11 %), Gérald Darmanin (8 %) et Sébastien Lecornu (6 %). Si Philippe pouvait incarner un « socle commun » du centre et de la droite, il atteindrait 23 %, mais resterait en retrait par rapport à Bardella. Sa candidature dépend de son succès aux municipales au Havre, selon ses propres mots. Si Philippe se retire, les perspectives pour le camp présidentiel se réduiraient considérablement.
Gabriel Attal pourrait bien souffrir d’un rétrogradage à la quatrième ou cinquième place. Un soutien à Bruno Retailleau, président des Républicains, pourrait aussi être envisagé, le plaçant à 17 % s'il réussit à fédérer le centre-droit. Néanmoins, il semblerait plafonner entre 10 et 13 % contre un candidat centriste.
Aucun scénario favorable pour la gauche
Du côté de la gauche, les résultats sont peu reluisants. Dabi précise qu'« aucune configuration ne favorise clairement la gauche pour le second tour ». Les candidatures analysées n’atteignent pas les 30 % cumulés, et la division entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann brouille encore davantage le paysage, chacun oscillant entre 10 et 13 % selon les scénarios.
François Hollande est crédité de 8 %, Olivier Faure de 5 % et Marine Tondelier entre 4 et 5 %. Les performances de Mélenchon, bien qu’il semble renforcer son socle, révèlent une certaine stagnation, perdant des éléments de son électorat de 2022.
Cependant, l’Ifop n’a pas élaboré de scénarios pour le second tour. Dabi mentionne que Bardella, bien que placé favori au premier tour, pourrait bénéficier du soutien de voix provenant d’Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan, qui n’atteignent cependant pas les 5 %.







