Face aux violences infligées par des groupuscules, la nécessité d'agir se fait sentir. Toutefois, les options à la disposition des gouvernements sont souvent limitées, amenant à privilégier la dissolution comme solution. Depuis 2017, près de 50 groupes ont été dissous, dont récemment, la Jeune garde et Lyon populaire.
Pourtant, le parquet de Paris a ouvert une enquête concernant le rétablissement de la Jeune garde après la mort de Quentin Deranque, militant néofasciste, le 14 février. Malgré cette dissolution, le groupe Lyon populaire semble continuer ses activités, comme le révèle l'média StreetPress. Cela soulève des questions sur l'efficacité de ces mesures gouvernementales.
Un outil pour casser la dynamique
Les dissolutions peuvent réduire la visibilité et la capacité de rassemblement des organisations, explique Tristan Boursier, chercheur au Cevipof. Pour les services de renseignement, ces actions peuvent également générer des informations sur les individus impliqués. Fiammetta Venner, politologue, ajoute que la dissolution entraîne souvent des conséquences financières pour les groupes, ce qui complique leur fonctionnement.
Des groupes renaissent sous d'autres formes
Cependant, l’idéologie persistante des groupes dissous se manifeste à travers la création de nouvelles organisations. L’exemple le plus marquant est celui de Génération identitaire, dissous en 2021, mais qui a vu l’émergence de factions locales comme Les Remparts à Lyon, Argos France à Paris, et bien d'autres.
Une dynamique similaire se produit avec le Groupe union défense (GUD), qui, après avoir été mis en sommeil en 2017, refait surface au sein de groupes tels que Bastion social ou les Zouaves. La dissolution d'Alvarium en 2023 n’a pas interrompu ses activités, selon StreetPress.
Jean-Yves Camus, politologue, souligne qu'il est impossible de supprimer totalement ces mouvements, car ils continuent d'exister même après des dissolutions. Une dissolution envoie un signal fort, mais elle ne remplace pas une stratégie politique globale suffisamment robuste.
Une réponse pas toujours adaptée
La dissolution, hérite d'une intention politique de montrer que l'État est vigilant, mais elle peut devenir contre-productive. Après une dissolution, les membres dispersés d’un groupe peuvent éviter les services de renseignement. Jean-Yves Camus note que lorsqu'un groupe est moins exposé, comme c'était le cas avec Génération identitaire, les autorités ont plus de mal à suivre l’évolution de leurs membres.
En conclusion, l'analyse de la politologue Marion Jacquet-Vaillant confirme que la dissolution pourrait même inciter certains groupes à adopter davantage de caution dans leurs pratiques, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle augmentation des violences.







