Sébastien Lecornu a, comme prévu, franchi avec succès l'étape des deux motions de censure présentées par le Rassemblement National (RN) et La France Insoumise (LFI) ce mercredi. Ces motions visaient à contester la publication par décret de la feuille de route énergétique du gouvernement.
Le Premier ministre, évoquant le "respect du Parlement", avait clairement énoncé que l'examen de ces motions représentait un préalable essentiel à tout remaniement gouvernemental. La ministre de la Culture, Rachida Dati, figure notable de ce remaniement, a d'ores et déjà confirmé son départ, s'inscrivant ainsi dans un cadre politique en pleine évolution.
Pour le groupe LFI, la motion de censure a récolté 108 voix, bien loin des 289 requises pour obtenir la chute du gouvernement. Parmi les soutiens, une majorité significative des députés écologistes, avec 29 voix sur 38, a voté pour cette motion. Six membres du groupe communiste, des députés ultramarins, ainsi que deux du Parti socialiste, ont également fait entendre leur voix.
En ce qui concerne la motion du RN, qui n’a pas réussi à fédérer le soutien de la gauche, elle a obtenu 140 voix, grâce aux alliés du groupe ciottiste et à une députée issue de la Droite républicaine. Contrairement à ses habitudes, le RN a choisi de ne pas soutenir la motion de LFI, citant les "indécences" du parti Insoumis, en réaction à la tragique disparition du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon.
Tant le RN que la LFI ont critiqué le choix du gouvernement d’adopter un décret pour son programme pluriannuel de l’énergie (PPE) plutôt que de passer par le processus législatif habituel. Jean-Philippe Tanguy du RN a déclaré : "Quand les macronistes perdent avec les règles de la démocratie, ils choisissent de passer en force", tandis que Maxime Laisney de LFI a comparé cette procédure à un "nouveau 49.3".
Les divergences de fond entre le RN et la LFI sont marquées pour ce qui est de l'équilibre entre énergie nucléaire et énergies renouvelables. Le RN dénonce une "politique décroissante" qui privilégie des énergies intermittentes au détriment du nucléaire, alors que LFI critique une "relance massive du nucléaire" au détriment d'une transition vers les énergies renouvelables.
Dans sa réponse, le Premier ministre a fustigé les deux camps, qualifiant ces motions de "démonstration d’un désordre politique inutile". Il a souligné que renverser un gouvernement ne générera pas d’électricité : "Des chiffres inventés" selon lui sont avancés par le RN, et il accuse LFI de vouloir dépendre de l’importation de gaz plutôt que de se concentrer sur la production d’électricité décarbonée.
Le Parti socialiste, qui avait annoncé son refus de soutenir la motion LFI, a rappelé son engagement en faveur du nucléaire, soulignant que ne pas développer de nouvelles capacités constituerait "un risque majeur sur notre sécurité d’approvisionnement".
Le gouvernement avait présenté par décret sa nouvelle stratégie énergétique le 12 février, après des années de débats et de reports. Cette programmation met l'accent sur la nécessité de relancer la consommation d'électricité décarbonée, principalement par le biais du nucléaire, tout en limitant le déploiement des énergies renouvelables comme l'éolien terrestre et le solaire.







