Entre le sabotage de câbles sous-marins et la mystérieuse « flotte fantôme » de navires, la guerre « hybride » de la Russie pose un réel danger pour la sécurité européenne, a déclaré Nicolas Vaujour, chef d'état-major de la Marine française. Le mois dernier, il a spécifiquement mentionné l'augmentation des comportements hostiles en mer Baltique.
Dans une interview avec France 2, l’amiral Vaujour a affirmé que « chaque semaine, un bateau ou un sous-marin russe est au large de nos côtes » et s'inquiète des comportements « agressifs » rencontrés en mer Baltique par des unités françaises. « Pour répondre à ces provocations, nous faisons acte de présence », a-t-il ajouté.
Ces manœuvres sont souvent difficiles à attribuer. L'amiral a évoqué des exemples tels que des survols de drones dans des pays comme la Pologne et des interruptions de câbles sous-marins, attribuées à des pétroliers qui, apparemment innocents, endommagent des infrastructures essentielles. « Ils laissent traîner leur ancre pendant 100 km, causant des ravages », a-t-il précisé.
Une approche stratégique duale : militaire et judiciaire
Selon l'amiral, ces actions, « non revendiquées » par la Russie, visent à « déstabiliser » l'Europe. Il a estimé à environ mille le nombre de navires tentant de contourner les sanctions européennes sur l'exportation de pétrole russe. « Nous continuons notre traque, en collaborant avec les différentes administrations, car notre force réside dans notre capacité à passer de l'action militaire à l'action judiciaire », a-t-il souligné.
Le parquet français a annoncé des poursuites contre le commandant du Boracay, un pétrolier de la flotte fantôme qui avait été arraisonné au large des côtes françaises en septembre 2025. Ce navire, en route pour l'Inde avec une cargaison de pétrole russe, naviguait sans pavillon visible. Deux agents d'une société de sécurité privée, chargés de surveiller l'équipage et de collecter des renseignements, ont également été trouvés à bord, selon des sources de l'AFP. La France intensifie donc ses efforts pour assurer la sécurité de ses côtes et de l’Europe dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu.







