Après l’annonce de son éviction jeudi dernier, Alice Coffin, conseillère de Paris, s'est exprimée sur les conditions entourant son exclusion des listes présentes aux élections municipales de 2026. Elle déplore surtout le manque de transparence quant à cette décision.
« Je ne serai plus conseillère de Paris après mars. Ce n'est pas un choix personnel. Mon nom a été rayé des listes par les écologistes et les socialistes », a-t-elle déclaré sur le réseau social X.
Des logiques d’appareil en question
Alice Coffin, bien connue pour son engagement en faveur des droits des femmes et des personnes LGBTQ+, a souligné que cette éviction aurait des conséquences significatives sur la représentation d'activistes au sein du Conseil de Paris. « Les répercussions de ce choix sont graves. Cela envoie un message clair : les voix militantes sont évincées », a-t-elle expliqué à l’AFP.
Cette décision intervient alors qu'Alice Coffin, journaliste de formation, a été à l'origine de débats publics sur des sujets sensibles, y compris les abus présumés d'un ancien adjoint à la Culture, Christophe Girard, lié à des affaires de violences sexuelles. Son action en tant que conseillère est d’autant plus marquée qu'elle a cofondé plusieurs associations en faveur des droits LGBTQ+ et des violences sexuelles.
Alice Coffin a reçu de nombreuses menaces et harcèlements pour ses prises de position. « J’ai été la cible de milliers de messages haineux pour mes combats », a-t-elle déclaré, dénonçant l’environnement hostile qu’elle a rencontré dans le monde politique.
Une critique des partis politiques
Dans un ton acerbe, elle a élargi son analyse aux pratiques de plusieurs partis, déclarant : « Les partis politiques ont une tendance à s’éloigner des féministes. Dans certains cas, il semble plus acceptable d'être accusé d'agression sexuelle que de se revendiquer comme féministe. » Cette critique met en lumière des préoccupations croissantes sur la façon dont les femmes et les minorités sont représentées et prises en compte dans le paysage politique actuel.
Alice a également mis en garde contre le risque d'élire des personnalités qui manquent d'une réelle connexion avec les enjeux sociétaux, préfigurant une gouvernance où des voix critiques sont étouffées. « Les futurs élus représenteront un ordre dominant, une dynamique potentiellement violente », a-t-elle pronostiqué.
Enfin, l'entente entre écologistes et socialistes vise à créer une liste forte pour les élections avec 36 places éligibles, ce qui, selon Alice Coffin, renforce une logique fermée au sein des partis.
La réaction d'autres membres du Conseil de Paris a été immédiate. Émile Meunier, un conseiller écologiste devenu partisan de LFI, a fustigé la situation, arguant que la direction actuelle privilégie une approche restreinte et sans diversité.
Alors que les élections municipales de 2026 se profilent à l'horizon, cette situation propose une réflexion poussée sur la manière dont les choix politiques affectent la diversité et l'inclusion dans la représentation démocratique.







