L'accord Mercosur face à la contestation agricole : une signature sous tension

Un nouvel accord commercial aux enjeux majeurs pour l'agriculture européenne.
L'accord Mercosur face à la contestation agricole : une signature sous tension
La ratification du traité dépend encore d’un vote du Parlement européen, probablement en février ou en mars 2026. LP/Matthieu de Martignac

L’Union Européenne est sur le point de formaliser son accord commercial avec le Mercosur ce samedi, bien qu'il reste fortement contesté par le secteur agricole, en particulier en France. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé la signature du traité de libre-échange, malgré les résistances de plusieurs États membres, dont la France, qui redoutent des impacts négatifs sur leur agriculture.

Après plus de 25 ans de négociations, l’accord est perçu, selon ses partisans, comme une opportunité pour dynamiser les exportations européennes et renforcer les relations avec l'Amérique du Sud dans un contexte mondial incertain.

Le ministre argentin des Affaires étrangères, Pablo Quirno, a annoncé que l'accord serait officiellement signé samedi, alors que le Paraguay exerce actuellement la présidence tournante du Mercosur.

Les agriculteurs en première ligne de la contestation

Le chemin de la ratification de ce traité n'est pas encore en ligne droite. Une décision finale devra être prise par le Parlement européen, probablement en février ou en mars prochains, dans un climat de tensions croissantes au sein du secteur agricole. La FNSEA, le principal syndicat agricole français, a prévu d’organiser un grand rassemblement le 20 janvier à Strasbourg, mettant en lumière le mécontentement général face à cet accord.

Des actions de protestation se multiplient, avec la mise en place de barrages filtrants par des agriculteurs en opposition à l’accord. Des blocages ont été signalés, notamment sur l’autoroute A1, grande artère de transport en France, et au port du Havre. Ces mobilisations sont le reflet d’une inquiétude croissante concernant l'afflux potentiellement massif de produits agricoles sud-américains, souvent moins chers et qui ne respectent pas forcément les normes européennes, ont souligné des experts agricoles.

En effet, le traité prévoit la suppression d’une grande partie des droits de douane, facilitant ainsi l’entrée sur le marché européen de produits tels que le boeuf, le sucre, et le soja, tout en offrant des opportunités aux exportations européennes de voitures, de vins, et d’autres produits.

Pour de nombreux agriculteurs, ce traité représente une menace directe à l’agriculture européenne. Comme l’a déclaré Jean-Michel Schaeffer, expert en économie agro-alimentaire, "ce traité risque de déstabiliser notre économie locale, surtout si les normes de sécurité alimentaire ne sont pas respectées". Les craintes de dérégulation et de concurrence déloyale, exacerbées par des préoccupations environnementales, renforcent les arguments de ceux qui s’opposent à l’accord.

Dans ce contexte, la question de la viabilité de cet accord commercial doit être sérieusement abordée, car les intérêts des agriculteurs pourraient bien être mis à mal en faveur d'un profit économique immédiat, mettant en péril la durabilité de l'agriculture européenne sur le long terme.

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