Dans le sillage de la tragique affaire du meurtre de Lyhanna, Edouard Philippe, ancien Premier ministre, a suggéré de débattre d’une loi visant à renforcer la protection des enfants. Inspirée du modèle britannique, la "Sarah’s Law", cette proposition suscite des réactions variées sur la question des antécédents judiciaires des adultes en contact avec les enfants.
Durant un échange sur les récents dysfonctionnements judiciaires liés à l’affaire, Philippe a plaidé pour un rétablissement de la possibilité pour le garde des Sceaux d’émettre des "instructions individuelles", une pratique abrogée en 2013. Il a également avancé l'idée de permettre aux parents de consulter la police afin de vérifier si un adulte côtoyant leur enfant a des antécédents judiciaires en matière de crimes sur mineurs.
Cette proposition s’inspire directement de la "Sarah’s Law", mise en place en 2011 au Royaume-Uni suite au meurtre d’une fillette, Sarah Payne, enlevée et assassinée par un pédocriminel récidiviste. Cette loi permet aux parents de demander à la police des informations sur des individus en contact avec leurs enfants, et ce, afin de prévenir d’éventuels dangers.
Fonctionnement de la Sarah’s Law
Lorsqu’une demande est faite, les forces de l’ordre déterminent si la divulgation d’informations sur une personne est essentielle pour protéger un enfant. Ce dispositif est nettement plus restrictif que la "Megan’s Law" américaine, qui autorise une diffusion plus large d’informations, y compris noms et adresses des personnes concernées. Au Royaume-Uni, la personne en question n'est pas automatiquement informée que son statut judiciaire est examiné, mais elle peut être alertée si des informations la concernant doivent être partagées.
Deux ans après la mise en œuvre de la "Sarah’s Law", près de 5 000 demandes avaient été formées au Royaume-Uni, selon la BBC, permettant d’identifier plus de 700 pédocriminels. L'affaire de Lyhanna a d’ailleurs relancé le débat en France sur cette loi inspirée, alors que le parcours du principal suspect, Jérôme Barella, a mis en lumière de graves lacunes dans la protection des enfants.
Cependant, cette idée de "Sarah's Law" à la française ne fait pas l’unanimité. Ses partisans affirment qu’elle pourrait offrir aux familles un outil supplémentaire pour protéger leurs enfants. D’autre part, ses détracteurs soulignent les dangers pour la présomption d’innocence et la vie privée, ainsi que la peur que le système ne devienne une sort de tribunal populaire basé sur des informations non vérifiées.







