Le label Haute Valeur Environnementale, plus communément appelé HVE, est omniprésent sur de nombreux produits alimentaires d'origine agricole et viticole. Depuis janvier 2023, plus de 36 000 exploitations agricoles ont obtenu ce label, qui évoque promesse et engagement en faveur de l'environnement. Toutefois, ce label suscite des critiques importantes concernant la rigueur de ses critères d'attribution. Peut-on réellement lui faire confiance ? La réponse est sans ambiguïté : non !
Le label HVE : une promesse sous question
Ce dispositif de certification a été mis en place en France depuis 2011 dans le cadre du Grenelle de l'environnement et vise à valoriser les exploitations agricoles et viticoles respectueuses de l'environnement. Toutefois, son cahier des charges, bien que défini, semble tolérer des pratiques contestables. Par exemple, les producteurs peuvent utiliser des pesticides et des engrais de synthèse, ce qui nuit à l'idée de durabilité qu'implique ce label. À l'origine, il devait Constituer une passerelle vers des pratiques plus écologiques, mais certains exploitants l'ont détourné comme un simple argument marketing.
Une certification sur la corde raide
En théorie, les exploitations certifiées doivent répondre à des critères précis, audités par des organismes indépendants. Les quatre thématiques principales évaluées incluent :
- La préservation de la biodiversité (arbres, haies, fleurs, etc.)
- La gestion des produits phytosanitaires
- La fertilisation
- L'irrigation
Cependant, obtenir la certification ne repose pas uniquement sur le respect de ces critères. Les exploitants accumulent des points selon divers items, permettant des écarts dans certaines catégories. Par conséquent, un exploitant peut maintenir des pratiques peu durables tout en conservant le label, ce qui laisse le consommateur dans l'incertitude quant à la véritable qualité du produit.
Un label : une opportunité de greenwashing
De nombreuses critiques viennent des associations écologiques, qui dénoncent le label HVE comme un mécanisme de greenwashing, trompant ainsi le consommateur en affichant une image verte qui ne correspond pas toujours à la réalité. Ses promoteurs, notamment la FNSEA, ne sont pas réputés pour leurs pratiques durables. Il est également notable que 82 % des exploitants labellisés en 2021 étaient des viticulteurs, un secteur souvent associé à l'utilisation intensive de produits chimiques. Le label est ainsi devenu synonyme de pratiques d'agriculture intensives, allant à l'encontre des valeurs qu'il prétend défendre.
En conséquence, même les meilleures intentions qui ont présidé à la création du label se sont trouvées compromises. Ce label ne fait pas que créer de la confusion parmi les consommateurs ; il constitue également un obstacle pour ceux qui s'efforcent d'adopter des pratiques réellement durables. En donnant un semblant de légitimité aux méthodes peu scrupuleuses, le label HVE nuît aux véritables efforts des producteurs engagés pour une agriculture respectueuse de l'environnement.







