Le récent accord conclu dimanche entre Washington et Téhéran soulève des vagues de critiques en Israël, où de nombreux analystes le considèrent comme une victoire pour l'Iran, mais aussi comme une démonstration des limites de la stratégie de son Premier ministre contre la République islamique. Le fossé croissant entre Netanyahu et Donald Trump apparaît de plus en plus préoccupant.
L'échec de l'opération Lion rugissant, lancée le 28 février en collaboration avec les États-Unis pour contrarier l'influence iranienne, a été récemment analysé par Dani Citrinowicz, reconnu comme l'un des principaux spécialistes de l'Iran à l'Institut d'études sur la sécurité nationale (INSS). Dans ses déclarations au Israel Hayom, il souligne que l'Iran émerge renforcé, non seulement économiquement mais aussi diplomatiquement et sur le plan de la sécurité, après cette escalade.
Ce contexte met en lumière le “profond fossé” existant entre les États-Unis et Israël, une dynamique qui incite l'État hébreu à réévaluer sa stratégie face à Téhéran. En effet, le président Trump et Netanyahu semblent de moins en moins en phase, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la sécurité régionale.
Israël pris au « piège » de l’Iran et du Hezbollah
Pour Nadav Eyal, éditorialiste au quotidien Yediot Aharonot, Israël se retrouve face à un “piège tendu” par Téhéran, illustré par le tir récent de drones explosifs par le Hezbollah sur le territoire israélien, justo avant que l'accord entre les États-Unis ne soit finalisé. Si le pays choisit de ne pas répliquer, il pourrait accepter une nouvelle dynamique stratégique où le Hezbollah se sentirait protégé par l'Iran pour mener ses attaques. En revanche, toute réaction militaire de la part d'Israël pourrait être perçue comme une menace à l'accord en cours, compliquant encore la situation.
Israël semble pressé de préserver son autonomie d'action face à ces défis. Selon le Times of Israel, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a réaffirmé que l'armée continuera à exercer ses opérations dans le sud-Liban, bien qu'elle soit consciente des risques d'escalade.
Nétanyahou, principal perdant
D'après Amos Harel, analyste militaire du Ha’Aretz, l'accord américano-iranien remet en question les principaux objectifs affichés par Nétanyahou, tels qu'un changement de régime à Téhéran ou un démantèlement des programmes nucléaires et balistiques iraniens. Harel note que Netanyahu se retrouve dans une position délicate avant les prochaines élections, son influence s’affaiblissant face à cette situation inattendue.
La classe politique israélienne réagit vivement à cette annonce. Des responsables comme Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, ont souligné que cet accord ne devrait pas obliger Israël à des concessions, tandis que des figures de l'opposition, comme l'ancien général Gadi Eisenkot, reprochent à Nétanyahou de ne pas être transparent sur les conséquences de cet accord pour les citoyens israéliens.







